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Arrêts maladie : ce qui va changer à partir de septembre 2026

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3–4 minutes
©JESSICA TICOZZELLI / Pexels

La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 prévoit plusieurs évolutions destinées à mieux encadrer les arrêts de travail tout en renforçant l’accompagnement des salariés confrontés à des problèmes de santé. L’objectif affiché par le gouvernement est double : freiner la hausse continue des dépenses liées aux indemnités journalières et favoriser un retour à l’emploi dans de meilleures conditions lorsque cela est possible.

Une durée de prescription désormais limitée

La principale mesure entrera en vigueur le 1er septembre 2026. Les médecins ne pourront plus prescrire un arrêt de travail de longue durée dès la première consultation.

Concrètement, un premier arrêt de travail sera limité à un mois maximum. En cas de prolongation, la durée de prescription pourra atteindre deux mois.

Des exceptions resteront toutefois possibles pour certaines situations médicales particulières, dont les modalités doivent être précisées par décret.

Selon le gouvernement, cette évolution vise à renforcer le suivi médical des patients et à éviter que certaines situations ne s’installent durablement sans réévaluation régulière de leur état de santé.

Les motifs d’arrêt devront être systématiquement renseignés

Autre changement important : les prescripteurs devront désormais indiquer de manière obligatoire le motif médical justifiant l’arrêt de travail.

Cette mesure a pour objectif de permettre un meilleur suivi des situations et d’améliorer les échanges entre les professionnels de santé et l’Assurance maladie.

Pour les arrêts de longue durée nécessitant plusieurs renouvellements, les médecins pourront saisir directement le service du contrôle médical de l’Assurance maladie afin d’obtenir un avis ou un accompagnement spécifique.

Une limitation des indemnités pour les accidents du travail et maladies professionnelles

À compter de 2027, une autre mesure concernera les salariés victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle.

  • Les indemnités journalières versées dans ce cadre seront plafonnées à une durée maximale de quatre ans.
  • Le gouvernement estime que cette évolution permettra d’encourager davantage les démarches de maintien dans l’emploi ou de reclassement lorsque la situation de santé le permet.

Un accompagnement renforcé des salariés en arrêt

Le plan gouvernemental ne repose pas uniquement sur un renforcement des contrôles. Il prévoit également plusieurs mesures destinées à mieux accompagner les personnes confrontées à des arrêts prolongés.

Parmi les actions annoncées figurent :

  • un suivi renforcé des arrêts longs ;
  • la mobilisation plus précoce des rendez-vous de pré-reprise ;
  • une meilleure coordination entre le médecin traitant, l’Assurance maladie et la médecine du travail ;
  • un accompagnement individualisé pour faciliter le retour à l’activité lorsque celui-ci est envisageable.

L’Assurance maladie pourra notamment intervenir plus tôt dans le parcours des assurés afin d’anticiper les difficultés de reprise et de proposer des solutions adaptées.

À noter que depuis le début de l’année 2026, le médecin-conseil peut déjà demander plus facilement l’organisation d’une visite de pré-reprise pour certains salariés en arrêt de longue durée.

Une réponse à la hausse de l’absentéisme

Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large présentée par le gouvernement en avril 2026.

Les pouvoirs publics soulignent que le nombre d’arrêts de travail a progressé de 10 % entre 2019 et 2024 pour atteindre 9,1 millions d’arrêts indemnisés, tandis que les dépenses d’indemnités journalières ont fortement augmenté ces dernières années.

La stratégie gouvernementale repose sur trois piliers :

  • renforcer la prévention en entreprise,
  • favoriser le maintien dans l’emploi,
  • lutter contre les comportements abusifs.

Les discussions avec les partenaires sociaux doivent également se poursuivre dans le cadre du futur Plan Santé Travail 2026-2030.

Les chiffres de l’absentéisme en France

  • 9,1 millions d’arrêts de travail indemnisés en 2024
  • +10 % d’arrêts de travail entre 2019 et 2024
  • 17,9 milliards d’euros d’indemnités journalières versées en 2025
  • 21 jours d’absence en moyenne par salarié du secteur privé en 2024
  • Une progression continue des dépenses liées aux arrêts de travail depuis plusieurs années

Source : Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, dossier de presse « Réduire l’absence au travail, améliorer la prévention des arrêts et renforcer la prévention de la désinsertion professionnelle », avril 2026.

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