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Fin de la pénurie de candidats ? Les nouveaux chiffres qui pourraient changer la donne pour les employeurs

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5–7 minutes
©lucia-chirilas-images via canva.com

Pendant plusieurs années, les entreprises ont eu le sentiment de mener une bataille permanente pour recruter. Les candidats se faisaient rares, les postes restaient vacants pendant des mois et les salaires grimpaient pour attirer les profils les plus recherchés...

Les derniers chiffres de la Dares montrent pourtant un changement de tendance. Le chômage repart à la hausse, les tensions de recrutement diminuent et les entreprises déclarent de moins en moins souvent manquer de personnel. Une évolution qui pourrait marquer la fin d’une période exceptionnelle sur le marché du travail.

Un marché de l’emploi qui ralentit

Premier constat : l’emploi salarié privé cesse pratiquement de progresser.

Au premier trimestre 2026, le secteur privé a perdu 13 900 emplois. Sur un an, le recul atteint plus de 60 000 postes. Dans le même temps, la croissance économique marque le pas avec un PIB en baisse de 0,1 %.

Pris ensemble, ces indicateurs montrent que le moteur de l’emploi tourne moins vite qu’au cours des années précédentes.

L’indicateur du climat de l’emploi publié par l’Insee atteint même son niveau le plus bas depuis 2013, hors période Covid.

➜ Ce qu’il faut retenir

Les entreprises recrutent encore, mais beaucoup moins intensément qu’entre 2021 et 2024.

Le chômage retrouve son plus haut niveau depuis 2021

Le taux de chômage atteint désormais 8,1 % de la population active.

Il progresse de 0,7 point sur un an et retrouve son niveau le plus élevé depuis quatre ans.

Au total, près de 2,6 millions de personnes sont aujourd’hui considérées comme chômeurs au sens du Bureau international du travail.

Cette hausse reste progressive mais elle tranche avec la baisse quasi continue observée ces dernières années.

➜ Le chiffre qui interpelle

8,1 %

C’est le niveau du chômage au premier trimestre 2026, un record depuis 2021.

Les 5 chiffres qui changent la lecture du marché de l’emploi

8,1 %
Taux de chômage au 1er trimestre 2026, son plus haut niveau depuis 2021.

2,6 millions
Nombre de chômeurs recensés au sens du BIT.

– 60 700
Emplois salariés privés perdus sur un an.

21,1 %
Taux de chômage des 15-24 ans, soit plus d’un jeune actif sur cinq.

2,2 %
Taux d’emplois vacants, en baisse continue depuis 2022.

Les difficultés de recrutement reculent

C’est probablement l’information la plus surprenante du rapport.

Depuis 2023, la part des entreprises qui déclarent être freinées par le manque de personnel diminue régulièrement.

Le phénomène concerne l’industrie, les services et la construction.

Il y a encore quelques années, certains employeurs refusaient des contrats faute de main-d’œuvre disponible. Aujourd’hui, les recrutements restent parfois compliqués, mais la situation n’a plus rien à voir avec les tensions observées après la crise sanitaire.

➜ Pourquoi ?

La raison est simple.

Lorsque l’activité ralentit, les entreprises recrutent moins massivement. Elles se retrouvent donc moins nombreuses à rechercher les mêmes profils au même moment.

Le marché se détend mécaniquement.

Les offres d’emploi vacantes diminuent aussi

Autre indicateur révélateur : les emplois vacants sont en recul.

Le taux d’emplois vacants atteint désormais 2,2 %.

Cette baisse touche particulièrement le secteur tertiaire marchand, qui avait connu une explosion des besoins de recrutement après le Covid.

  • Pour les entreprises, cela signifie moins de concurrence sur certains profils.
  • Pour les candidats, cela signifie également moins d’opportunités qu’au cours des années précédentes.

Changement de rapport de force ?

Pendant plusieurs années, les salariés ont bénéficié d’une position favorable.

Le ralentissement actuel pourrait progressivement rééquilibrer la situation.

Les jeunes sont les premiers touchés

La dégradation du marché du travail ne touche pas toutes les catégories de la même manière.

  • Les jeunes apparaissent comme les plus exposés.
  • Le taux de chômage des 15-24 ans atteint désormais 21,1 %.

Concrètement, plus d’un jeune actif sur cinq est au chômage.

Le chiffre progresse de deux points sur un an et de 4,5 points sur trois ans.

La Dares relève également un recul particulièrement marqué de l’emploi chez les jeunes en alternance.

➜ Un signal d’alerte

Alors que l’apprentissage avait largement contribué à améliorer l’insertion professionnelle des jeunes, les indicateurs repartent désormais dans le mauvais sens.

Les seniors deviennent les grands gagnants

À l’inverse, les plus de 55 ans continuent de résister.

Alors que l’emploi recule chez les jeunes et les actifs d’âge intermédiaire, les seniors restent les principaux contributeurs à la progression de l’emploi.

Cette évolution illustre la transformation profonde du marché du travail français.

Les entreprises conservent davantage leurs collaborateurs expérimentés et les carrières s’allongent.

➜ Le paradoxe

Il y a dix ans, les seniors étaient souvent considérés comme les premiers fragilisés lors des ralentissements économiques.

Aujourd’hui, ils figurent parmi les catégories les plus stables.

Les salaires perdent à nouveau du terrain

Le rapport de la Dares contient également une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat.

  • La hausse récente de l’inflation réduit les gains obtenus lors des négociations salariales.
  • Le salaire réel stagne quasiment au premier trimestre 2026.

Le regain des prix de l’énergie observé depuis le début de l’année vient freiner le rattrapage engagé après la flambée inflationniste de 2022 et 2023.

➜ Ce qui change pour les entreprises

Les demandes d’augmentation pourraient rester nombreuses malgré le ralentissement économique.

Une situation délicate pour de nombreuses TPE déjà confrontées à des marges sous pression.

Les employeurs doivent-ils se réjouir ?

À première vue, recruter plus facilement peut sembler être une bonne nouvelle.

Moins de tensions sur le marché du travail signifie davantage de candidats disponibles et parfois moins de concurrence salariale.

Mais cette lecture mérite d’être nuancée.

  • Si les difficultés de recrutement diminuent, c’est aussi parce que les besoins d’embauche ralentissent.
  • Une entreprise ne gagne pas nécessairement lorsque les candidatures augmentent si son activité progresse moins vite.

➜ La fin d’un cycle ?

Les chiffres publiés par la Dares dessinent peut-être le début d’une nouvelle phase.

  • Le chômage remonte.
  • Les tensions de recrutement se réduisent.
  • Les emplois vacants reculent.
  • Les jeunes rencontrent davantage de difficultés pour accéder à l’emploi.

Pendant plusieurs années, la pénurie de candidats a dominé les discussions sur le travail. Les données de 2026 montrent que cette réalité s’estompe progressivement.

Sans parler d’effondrement du marché de l’emploi, les indicateurs convergent vers une même conclusion : les entreprises françaises évoluent désormais dans un environnement très différent de celui qu’elles ont connu au sortir de la crise sanitaire.

Comment le marché du travail a basculé en cinq ans

2021
Reprise post-Covid. Les entreprises relancent massivement leurs recrutements.

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2022
Explosion des tensions de recrutement. Les employeurs peinent à trouver des candidats dans de nombreux secteurs.

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2023
Point haut des difficultés de recrutement. Les offres d’emploi et les emplois vacants atteignent des niveaux historiquement élevés.

⬇️

2024-2025
Les tensions commencent à reculer progressivement. Les entreprises ralentissent leurs embauches.

⬇️

2026
Le chômage remonte à 8,1 %. Les emplois vacants diminuent. Les entreprises déclarent de moins en moins souvent manquer de personnel.

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