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Transparence des salaires : le gouvernement repousse encore la réforme, un calendrier de plus en plus incertain

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La réforme sur la transparence des rémunérations ne sera visiblement pas adoptée aussi rapidement qu’espéré. Alors que le gouvernement envisageait encore récemment une transposition de la directive européenne avant la fin de l’année 2026, le calendrier vient une nouvelle fois d’être repoussé.

  • Le ministère du Travail évoque désormais une adoption du texte par le Parlement avant l’élection présidentielle de mai 2027.
  • Un report qui soulève de nombreuses interrogations pour les entreprises, les salariés et les services RH.

Une réforme qui prend du retard

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a de nouveau repoussé le calendrier de transposition de la directive européenne sur la transparence salariale.

Alors qu’il espérait encore début juin une adoption de la loi d’ici la fin de l’année, il évoque désormais un vote par le Parlement avant l’élection présidentielle de mai 2027.

Selon le scénario désormais privilégié par le gouvernement :

  • le projet de loi serait présenté en Conseil des ministres au mois de juillet ;
  • les débats parlementaires débuteraient en fin d’année ;
  • l’adoption définitive interviendrait, si le calendrier est respecté, avant l’élection présidentielle de mai 2027.

Ce nouveau report illustre les difficultés rencontrées par l’exécutif pour faire avancer un texte qui fait toujours l’objet de fortes divergences entre les organisations patronales et les syndicats.

Une directive européenne très attendue

Adoptée par l’Union européenne en 2023, la directive sur la transparence salariale vise principalement à renforcer l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes.

Elle prévoit notamment plusieurs évolutions importantes :

  • davantage de transparence dès le recrutement, avec une information sur la rémunération proposée ;
  • un droit renforcé des salariés à obtenir des informations sur les niveaux de rémunération pratiqués ;
  • de nouvelles obligations de reporting pour certaines entreprises ;
  • des mesures correctrices lorsqu’un écart de rémunération injustifié est constaté.

Chaque État membre doit adapter sa législation nationale afin de mettre ces nouvelles règles en œuvre.

Le calendrier pourra-t-il réellement être tenu ?

Le nouveau calendrier annoncé reste toutefois particulièrement serré.

Entre la présentation du projet de loi, les discussions parlementaires, le vote définitif, l’éventuelle saisine du Conseil constitutionnel, la promulgation de la loi puis la publication des décrets d’application, plusieurs étapes restent à franchir avant une entrée en vigueur effective.

Or, l’élection présidentielle prévue au printemps 2027 pourrait rebattre les cartes si les travaux parlementaires prenaient du retard ou si les priorités politiques évoluaient.

À ce stade, rien ne permet donc d’affirmer avec certitude que l’ensemble du dispositif sera pleinement opérationnel avant la fin du quinquennat.

Les entreprises ont-elles intérêt à attendre ?

Même si la réforme française n’est pas encore adoptée, de nombreuses entreprises poursuivent déjà leurs travaux de préparation.

Les futures obligations impliqueront souvent de disposer d’une meilleure connaissance des rémunérations pratiquées, de documenter les critères d’évolution salariale et d’être en mesure de justifier d’éventuels écarts.

Pour les directions RH, ces chantiers nécessitent généralement plusieurs mois de préparation, notamment dans les grandes structures.

Une forte incertitude demeure

Le report annoncé ne remet pas en cause le principe de la transposition de la directive européenne, mais il confirme que son calendrier reste mouvant.

La principale inconnue concerne désormais la publication de l’ensemble des textes nécessaires à son application. Tant que la loi et ses décrets d’application ne seront pas adoptés, les modalités concrètes de mise en œuvre resteront incertaines.

Les prochains mois seront donc déterminants pour savoir si la France parvient à respecter le nouveau calendrier annoncé ou si la réforme devra finalement attendre la prochaine législature.

La réforme reste suspendue au calendrier politique

  • Le gouvernement affiche toujours sa volonté de transposer la directive européenne sur la transparence des rémunérations, mais le nouveau calendrier laisse peu de marge.
  • Entre les débats parlementaires, l’adoption de la loi et la publication des textes d’application, plusieurs étapes restent à franchir. Les prochains mois permettront de savoir si la réforme pourra réellement entrer en vigueur avant l’élection présidentielle de 2027.

Comment la réforme sur la transparence salariale a été repoussée

10 mai 2023

Adoption de la directive européenne 2023/970. Les États membres disposent de trois ans pour la transposer dans leur droit national, soit jusqu’au 7 juin 2026.

21 mai 2025

Ouverture de la concertation en France. Le gouvernement lance officiellement les discussions avec les organisations patronales et syndicales afin de préparer le projet de loi de transposition. Les débats portent notamment sur le maintien du seuil de 50 salariés et sur les futurs indicateurs de transparence salariale.

6 mars 2026

Transmission d’un avant-projet aux partenaires sociaux. Le ministère du Travail adresse un projet de texte aux organisations représentatives pour recueillir leurs observations avant sa finalisation.

5 juin 2026

Le gouvernement reconnaît que l’échéance européenne ne sera pas respectée. Invité des 4 Vérités sur France 2, le ministre du Travail indique que le projet de loi sera transmis au Conseil d’État et espère encore un vote du Parlement avant la fin de l’année 2026.

7 juin 2026

La France manque la date limite de transposition. La directive européenne aurait dû être intégrée au droit français à cette date, mais le texte n’a pas encore été adopté.

Juin 2026

Le projet de loi est transmis au Conseil d’État. Cette étape est indispensable avant sa présentation en Conseil des ministres puis son examen par le Parlement.

Juillet 2026

Nouveau report du calendrier. Le ministère du Travail évoque désormais une présentation du projet de loi en Conseil des ministres durant l’été, un examen parlementaire en fin d’année et une adoption avant l’élection présidentielle de mai 2027.

2027 ?

Une entrée en vigueur toujours incertaine. Même si la loi était adoptée avant l’élection présidentielle, sa promulgation puis la publication des décrets d’application resteront nécessaires avant une mise en œuvre effective.

Sources

  • Directive (UE) 2023/970 du Parlement européen et du Conseil du 10 mai 2023.
  • Service-Public.fr – Transparence des salaires : ce qui va changer.
  • Le Monde, 22 mai 2025 – Concertation sur la transposition de la directive.
  • Interview de Jean-Pierre Farandou dans Les 4 Vérités (France 2), 5 juin 2026.
  • Le Parisien / AFP, 7 juin 2026 – La France ne respectera pas la date butoir du 7 juin.
  • Le Club des juristes, 8 juin 2026 – Retard de transposition de la directive.

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