
Les dirigeants de TPE confrontés à des difficultés économiques pourront bénéficier d’un accompagnement mieux coordonné. L’Association pour la gestion du régime de Garantie des créances des Salariés (AGS) et CCI France ont signé, le 27 août 2026, une convention destinée à rapprocher leurs dispositifs et à faciliter l’accès des entreprises aux interlocuteurs compétents.
Un parcours encore difficile à identifier pour les dirigeants
Lorsque la trésorerie se dégrade, que les impayés s’accumulent ou que l’activité ralentit, la question n’est pas seulement de savoir quelles solutions existent. Encore faut-il identifier rapidement le bon interlocuteur.
C’est précisément sur ce point que l’AGS et le réseau des CCI souhaitent agir.
Selon une étude réalisée cet été avec Ipsos citée par l’AGS, près de 70 % des dirigeants de TPE déclarent rechercher un accompagnement lorsqu’ils rencontrent une difficulté. Mais 60 % renonceraient à cette démarche faute de visibilité suffisante sur les dispositifs disponibles.
Le partenariat vise donc à rendre les différentes possibilités d’aide plus compréhensibles et à orienter les chefs d’entreprise vers les acteurs susceptibles de répondre à leur situation.
Repérer les difficultés avant qu’elles ne deviennent critiques
La convention prévoit notamment des actions communes d’information et de sensibilisation. L’AGS et les CCI souhaitent également mieux partager leurs informations et leurs pratiques afin de repérer plus tôt les situations nécessitant une intervention.
Pour les TPE, cette démarche peut avoir un intérêt particulier : une difficulté de trésorerie ou une baisse d’activité peut rapidement avoir des conséquences sur les fournisseurs, les charges courantes ou le paiement des salaires.
L’objectif est donc d’éviter que le dirigeant attende que la situation soit devenue critique avant de chercher de l’aide.
Les CCI disposent déjà de plusieurs dispositifs permettant aux entrepreneurs de faire le point sur leur situation et d’être orientés. Le partenariat avec l’AGS doit renforcer les passerelles entre ces différents interlocuteurs.
Un relais renforcé dans les territoires
La coopération doit également s’appuyer sur le réseau territorial des deux organisations :
- L’AGS dispose de 15 centres en France métropolitaine et dans les DROM,
- tandis que le réseau CCI compte 121 chambres.
Cette présence locale doit faciliter les échanges entre les différents acteurs susceptibles d’intervenir lorsqu’une entreprise rencontre des difficultés.
Pour un dirigeant, l’enjeu est concret : pouvoir être orienté sans multiplier les démarches et disposer plus rapidement d’une vision des solutions envisageables.
L’AGS intervient aussi lorsque les salariés sont concernés
L’AGS occupe une place particulière dans ce dispositif. Créé en 1974, le régime de garantie des salaires intervient lorsqu’une entreprise fait l’objet d’une procédure collective afin de garantir, dans les conditions prévues par la réglementation, le paiement de certaines sommes dues aux salariés.
En 2025, l’AGS indique avoir accompagné près de 250.000 salariés et avancé plus de 2,2 milliards d’euros.
Le nouveau partenariat avec les CCI ne modifie pas cette mission. Il vise surtout à renforcer le travail en amont, en améliorant l’information des dirigeants et leur orientation lorsque les premières difficultés apparaissent.
Un dispositif qui s’inscrit dans une démarche plus large
Cette convention intervient quelques mois après la signature, en février 2026, de la charte nationale consacrée à l’anticipation et à la prévention des difficultés des entreprises. Celle-ci réunissait déjà plusieurs acteurs autour de l’objectif de mieux détecter les fragilités et d’intervenir avant que les situations ne se dégradent.
Pour les petites entreprises, le message est donc assez direct : ne pas attendre la cessation des paiements ou l’ouverture d’une procédure collective pour chercher un interlocuteur.
Plus les difficultés sont identifiées tôt, plus le dirigeant dispose de possibilités pour analyser sa situation et examiner les solutions adaptées à son entreprise.
Concrètement, comment cet accompagnement se concrétise-t-il ?
Pour un dirigeant de TPE, la première démarche consiste à ne pas attendre que la situation devienne irréversible. En cas de difficultés de trésorerie, de baisse d’activité, d’impayés ou de problèmes pour régler les charges et les salaires, il peut prendre contact avec sa CCI afin de faire le point sur sa situation.
L’accompagnement peut notamment passer par :
- Un premier échange avec un conseiller CCI, pour exposer les difficultés rencontrées et identifier les interlocuteurs adaptés.
- Un diagnostic de la situation de l’entreprise, notamment sur les difficultés financières et leur origine.
- Une orientation vers les dispositifs existants, selon le niveau de difficulté et la situation de l’entreprise.
- Une mise en relation avec les acteurs compétents, lorsque la situation nécessite l’intervention d’autres professionnels ou organismes.
- Lorsque l’entreprise est engagée dans une procédure collective et que des salaires sont concernés, l’AGS peut intervenir dans le cadre de sa mission de garantie des créances salariales.
La convention entre l’AGS et CCI France vise surtout à faciliter les passerelles entre les différents interlocuteurs. Elle ne dispense donc pas le dirigeant d’effectuer les démarches liées à sa situation juridique ou financière.
Le bon réflexe : contacter la CCI dès les premiers signaux de difficulté, plutôt que d’attendre de ne plus pouvoir payer ses échéances.

