
L’inflation continue de peser sur les entreprises. Même si les dirigeants se montrent plus confiants qu’au début de l’été, la hausse des coûts reste une préoccupation importante. Pour les plus petites structures, elle peut même avoir une conséquence directe sur la rémunération du chef d’entreprise : 47 % des dirigeants d’entreprises employant 1 à 2 salariés estiment que l’inflation pourrait les contraindre à réduire leur propre rémunération.
- C’est l’un des enseignements de la dernière édition de La grande consultation des entrepreneurs, réalisée par OpinionWay pour CCI France et La Tribune.
- L’enquête a été menée auprès de 1 023 dirigeants d’entreprises employant au moins un salarié, interrogés du 20 au 30 juillet 2026.
Les dirigeants surveillent leurs charges de près
L’inflation reste présente dans la gestion quotidienne des entreprises. 84 % des dirigeants interrogés déclarent être encore plus attentifs que d’habitude à leurs charges. Ce niveau reste élevé et montre que la maîtrise des dépenses demeure une priorité pour les entreprises.
Cette vigilance ne se limite pas à un suivi plus attentif des dépenses. Pour 56 % des dirigeants, l’inflation pourrait avoir des conséquences sur la viabilité de leur entreprise. Le chiffre progresse de 4 points par rapport à juin 2026.
La situation est particulièrement sensible pour les petites structures. Chez les entreprises comptant 1 à 2 salariés, 56 % considèrent également que l’inflation pourrait peser sur la viabilité de leur activité.
Jusqu’à toucher la rémunération du dirigeant
Autre indicateur à retenir : 37 % des dirigeants déclarent que l’inflation pourrait les contraindre à baisser leur rémunération. Ce chiffre reste stable par rapport à juin.
La situation est encore plus marquée dans les entreprises de 1 à 2 salariés : 47 % des dirigeants déclarent être concernés par cette possibilité. Ils sont donc presque un sur deux à envisager que la hausse des coûts puisse finir par avoir une incidence sur leur propre rémunération.
Le phénomène est nettement moins présent dans les entreprises de plus grande taille : il concerne 29 % des dirigeants des entreprises comptant 3 à 49 salariés et seulement 6 % de ceux employant au moins 50 salariés.
Les retards de paiement ajoutent une pression sur la trésorerie
L’enquête met également en évidence une autre difficulté : les délais de règlement des clients.
- 34 % des entreprises interrogées rencontrent des difficultés pour être payées dans les temps par leurs clients, soit une progression de 2 points depuis juin 2026.
- Cette question concerne notamment les petites entreprises : 30 % des structures employant 1 à 2 salariés déclarent rencontrer ce problème.
- Le taux atteint 39 % pour les entreprises de 3 à 49 salariés.
À cela s’ajoutent les difficultés liées au règlement des propres factures de l’entreprise. 12 % des dirigeants déclarent avoir des difficultés à payer leurs factures. Le taux est de 12 % chez les entreprises de 1 à 2 salariés et de 12 % également chez celles de 3 à 49 salariés.
À retenir : l’attention portée aux charges, les conséquences possibles de l’inflation sur la viabilité de l’entreprise et les délais de paiement constituent plusieurs facteurs susceptibles de peser simultanément sur la trésorerie.
La rentrée reste placée sous le signe de la prudence
Cette pression financière se retrouve dans les préoccupations exprimées par les dirigeants pour la rentrée.
Deux sujets arrivent en tête : les marges et les coûts, cités par 19 % des dirigeants, et l’activité commerciale, également citée par 19 %. La trésorerie arrive juste derrière, avec 17 %.
La réglementation représente 9 % des réponses, devant les prochaines échéances électorales et le recrutement, à 8 % chacun.
Pour les petites entreprises, la hiérarchie varie légèrement. Les entreprises de 1 à 2 salariés citent notamment l’activité commerciale à 15 %, la trésorerie à 18 % et les marges et coûts à 21 %.
Peu de dirigeants prêts à lancer de nouveaux investissements
Cette prudence se retrouve également dans les projets prévus pour la rentrée 2026.
Seulement 19 % des dirigeants se déclarent tout à fait prêts à engager de nouveaux projets ou investissements dès la rentrée.
Chez les entreprises de 1 à 2 salariés, la prudence est encore plus marquée : 67 % souhaitent consolider l’existant, contre 13 % qui se déclarent prêts à investir immédiatement.
Les dirigeants restent pourtant confiants pour leur entreprise
Le tableau n’est pas uniquement négatif :
- L’indicateur de l’optimisme des entrepreneurs progresse de 7 points depuis juin pour atteindre 69 points en août 2026.
- Par ailleurs, 30 % des dirigeants considèrent que la situation est « très bien en ce moment », soit 5 points de plus qu’en juin.
- La confiance dans les perspectives de leur propre entreprise progresse également : 64 % des dirigeants se déclarent confiants pour les douze prochains mois, soit un point de plus qu’en juin.
La confiance est toutefois beaucoup plus faible lorsqu’il s’agit de l’économie française : 15 % seulement des dirigeants se déclarent confiants pour les douze prochains mois.
Cette différence se retrouve aussi dans les intentions concernant l’emploi. 12 % des entreprises envisagent d’augmenter leurs effectifs dans les douze prochains mois, contre 11 % qui prévoient de les réduire. Une large majorité, soit 77 %, prévoit de conserver un effectif stable.
Une rentrée entre maîtrise des coûts et maintien de l’activité
Les résultats de cette 117e vague dessinent donc une situation nuancée. Les dirigeants se montrent davantage confiants concernant l’avenir de leur propre entreprise, mais la maîtrise des coûts reste une priorité, alors que les retards de paiement continuent de concerner une part importante des entreprises.
Pour les TPE, l’enjeu est particulièrement concret : près d’un dirigeant sur deux à la tête d’une entreprise de 1 à 2 salariés estime que l’inflation pourrait l’amener à réduire sa propre rémunération. Dans le même temps, les petites structures sont nombreuses à privilégier la consolidation de leur activité plutôt que le lancement de nouveaux investissements.
La rentrée 2026 s’annonce ainsi comme une période durant laquelle les dirigeants devront continuer à arbitrer entre préservation des marges, développement commercial, gestion de la trésorerie et rémunération du chef d’entreprise.
Les chiffres à retenir
- 84 % des dirigeants sont plus attentifs que d’habitude à leurs charges.
- 56 % estiment que l’inflation pourrait avoir des conséquences sur la viabilité de leur entreprise.
- 37 % pensent qu’elle pourrait les contraindre à réduire leur rémunération.
- Ce dernier chiffre atteint 47 % chez les entreprises de 1 à 2 salariés.
- 34 % rencontrent des difficultés à être payés dans les temps par leurs clients.
- 19 % citent les marges et les coûts comme principale préoccupation pour la rentrée.
- 19 % citent également l’activité commerciale.
- 17 % placent la trésorerie en tête de leurs préoccupations.
- 19 % seulement se disent prêts à lancer de nouveaux projets ou investissements dès la rentrée.
Source : La grande consultation des entrepreneurs, OpinionWay pour CCI France / La Tribune, vague 117, août 2026. Enquête réalisée auprès de 1 023 dirigeants d’entreprises employant au moins un salarié, du 20 au 30 juillet 2026.

