La dernière vague de la Grande Consultation des Entrepreneurs, menée par OpinionWay en avril 2025, révèle une baisse notable de l’optimisme des dirigeants français. Alors que l’inflation continue de peser sur les entreprises et que l’innovation apparaît comme un levier essentiel, les perspectives économiques semblent préoccuper une majorité de chefs d’entreprise...
Un optimisme en déclin
L’indicateur de l’optimisme des dirigeants, qui mesure la confiance globale des entrepreneurs, a chuté de 5 points par rapport à mars 2025, s’établissant désormais à 65.
Cette baisse traduit une inquiétude croissante face à la conjoncture économique. Seuls 64 % des dirigeants se disent confiants pour les perspectives de leur entreprise, soit une diminution de 3 points en un mois.
Cette tendance s’accompagne d’une perception plus pessimiste de l’économie française en général : seulement 13 % des dirigeants se montrent confiants pour l’avenir économique du pays, un chiffre en baisse d’un point.
L’inflation reste une préoccupation majeure pour les entreprises. Près de 40 % des dirigeants déclarent que l’inflation pourrait les contraindre à baisser leur rémunération, un chiffre en hausse de 2 points par rapport à mars 2025.
Par ailleurs, 33 % des entreprises rencontrent des difficultés à être payées dans les temps par leurs clients, une augmentation de 5 points. Ces éléments illustrent les tensions financières auxquelles sont confrontées les entreprises, en particulier les PME.
L’innovation : un investissement ou une condition de survie ?
L’innovation reste un sujet central pour les dirigeants, mais les perceptions évoluent. Si 48 % des entrepreneurs considèrent l’innovation comme un investissement pour leur entreprise, une proportion croissante (19 %, soit +3 points) la perçoit comme une condition de survie.
Cette évolution reflète une prise de conscience accrue des enjeux liés à la compétitivité et à l’adaptation aux changements du marché.
Pour encourager l’innovation, les dirigeants identifient plusieurs leviers prioritaires :
- 45 % d’entre eux réclament des moyens financiers supplémentaires,
- Des marchés plus développés (23 %),
- Des ressources humaines supplémentaires (22 %).
Ces résultats montrent que les contraintes financières restent un frein majeur à l’innovation, malgré les efforts des pouvoirs publics pour soutenir les entreprises.
Des tensions commerciales qui inquiètent
Dans un contexte de montée des tensions commerciales internationales, les dirigeants français expriment des préoccupations concernant les relations économiques avec les États-Unis.
Face à la hausse des tarifs douaniers américains, 62 % des dirigeants soutiennent la mise en place de tarifs douaniers réciproques. Cependant, cette mesure divise : seuls 41 % des dirigeants approuvent l’idée d’un arrêt des investissements français aux États-Unis.
En revanche, une large majorité (81 %) plébiscite le renforcement des liens avec les autres partenaires commerciaux de la France, une stratégie perçue comme plus bénéfique à long terme.
Un soutien insuffisant pour l’industrie de défense
Cette industrie, souvent présentée comme un pilier de la souveraineté nationale, ne semble pas bénéficier d’un soutien jugé suffisant par les dirigeants.
En effet, seuls 39 % des entrepreneurs interrogés estiment que cette industrie est suffisamment soutenue, un chiffre qui varie peu selon les secteurs d’activité ou la taille des entreprises. Cette perception pourrait s’expliquer par des attentes élevées en matière de financements publics et de commandes, dans un contexte géopolitique tendu.
Des perspectives mitigées pour l’économie française
La diminution du déficit de la balance commerciale française en 2024, bien que saluée par certains, ne convainc pas la majorité des dirigeants. Seuls 9 % y voient un signal positif, tandis que 42 % estiment que cette amélioration n’est pas suffisante.
Pour 41 % des entrepreneurs, cette diminution est même perçue comme une illusion, reflétant un scepticisme quant à la solidité de la reprise économique.
Ces résultats montrent que les dirigeants français restent prudents face aux signes de redressement économique. L’inflation, les tensions commerciales et les incertitudes géopolitiques pèsent sur leur confiance, malgré des efforts pour stimuler l’innovation et soutenir certains secteurs stratégiques.
Alors que l’économie mondiale reste instable, les entreprises françaises semblent adopter une posture de vigilance, tout en cherchant à s’adapter aux évolutions du marché.
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