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Quelques crayons, une feuille et un moment à soi : le coloriage peut trouver sa place parmi les pauses proposées au travail. Des recherches ont étudié ses effets sur l’anxiété. Elles ne permettent toutefois pas de promettre une meilleure concentration en réunion, une créativité accrue ou un gain de productivité pour toute une équipe.
Mis à jour le 4 octobre 2026.
Une étude sur l’anxiété, pas sur la performance au travail
En 2005, Nancy A. Curry et Tim Kasser ont publié dans la revue Art Therapy une expérience portant sur 84 participants de premier cycle universitaire. Après une brève induction d’anxiété, les participants devaient colorier pendant vingt minutes un mandala, un motif géométrique ou une feuille vierge.
Les groupes ayant reçu les deux motifs présentaient une réduction de l’anxiété plus importante que le groupe utilisant la feuille vierge. Le mandala ne se distinguait pas significativement de l’autre motif géométrique. Cette observation porte sur une situation expérimentale précise, avec une mesure effectuée juste après l’activité.
L’étude ne mesure ni la productivité d’une entreprise, ni la qualité des idées produites en réunion, ni la mémorisation d’un appel professionnel. Ses résultats ne suffisent donc pas à affirmer que colorier améliore automatiquement ces performances.
La référence exacte est accessible : Curry et Kasser, « Can Coloring Mandalas Reduce Anxiety? », 2005, texte intégral.

Détente, attention et créativité sont des résultats différents
Se sentir plus détendu après une activité ne prouve pas que l’on comprend mieux une conversation tout en la pratiquant. De même, apprécier une pause créative ne permet pas de conclure à une augmentation du nombre ou de la qualité des idées.
Les travaux sur les mandalas se sont poursuivis, notamment avec une revue systématique et une méta-analyse publiée en ligne en 2022, consacrée à l’anxiété momentanée chez les adultes. Le sujet étudié reste à distinguer des performances cognitives ou professionnelles que l’on souhaiterait lui attribuer.
En réunion, éviter les promesses générales
Certaines personnes apprécient une activité manuelle pendant un échange. D’autres ont besoin de regarder les documents ou les interlocuteurs pour rester attentives. Une préférence individuelle ne constitue pas une règle à imposer à une équipe.
Avant de proposer du coloriage pendant une réunion, il est plus utile de se demander si le format de l’échange convient : ordre du jour clair, durée adaptée, documents lisibles et possibilité de poser des questions. Le coloriage peut être laissé à l’appréciation de chacun lorsque la tâche le permet, sans le présenter comme une méthode prouvée d’amélioration de l’écoute.
Proposer une pause, sans en faire une obligation
Si l’équipe le souhaite, mettez quelques feuilles et crayons à disposition dans un espace de pause. Laissez la participation libre et proposez d’autres possibilités : marcher, s’asseoir au calme ou échanger avec un collègue. Il n’y a pas de résultat artistique à évaluer.
Une proposition de ce type peut être appréciée comme un loisir. Elle ne remplace pas le travail sur les horaires, les interruptions ou la charge de travail. Pour examiner ces sujets, notre guide du DUERP rappelle comment évaluer les risques liés à l’organisation.
Avant de reconduire une activité collective, demandez simplement si les personnes ont apprécié le moment et souhaitent le retrouver. Cela permet de parler de leur expérience, sans transformer un ressenti en preuve de productivité.
Sources et démarches
- Curry et Kasser, Art Therapy, 2005 : étude expérimentale sur l’anxiété
- The Effect of Mandala Coloring on State Anxiety: A Systematic Review and Meta-Analysis, publication en ligne en 2022
Complément du 7 octobre 2026. Une activité appréciée pendant une pause ne remplace pas un aménagement adapté du travail. Notre guide des aménagements de poste pour un salarié neurodivergent propose des pistes à discuter individuellement ; l’analyse des arrêts longs et de l’absentéisme complète la lecture sur l’organisation des petites équipes.
