Actualisation du 8 octobre 2026 : entretien et projections d’octobre 2024. Les annonces de baisse de 9 %, les montants d’accise, les prévisions et les propos d’Anthony Bouton ci-dessous appartiennent au débat de 2024 sur 2025. Ils ne décrivent pas la facture actuelle ni une économie garantie. Les contrats professionnels peuvent prévoir des frais ou conditions de résiliation ; le passage sur un changement de fournisseur « à tout moment » ne doit pas leur être appliqué sans lire le contrat. Consultez nos guides sur les contrats d’électricité, les économies d’énergie en hiver et les nouveaux horaires d’heures creuses.
Le 1er février prochain marquera une augmentation de l’accise sur l’électricité, mais le gouvernement assure que la facture globale des consommateurs au tarif réglementé baissera de 9%.
La fin du bouclier tarifaire approche. Lors de la présentation du projet de loi de finances le 10 octobre, le gouvernement a annoncé une hausse de la taxe sur l’électricité à partir de février. Malgré cette augmentation, il est promis que les clients au tarif réglementé verront une baisse de leur facture. Une annonce qui peut paraître paradoxale à première vue, mais qui s’explique dans les détails.
Pour comprendre, il faut revenir sur l’accise sur l’électricité. En 2022, elle avait été fortement réduite à 1 euro par mégawattheure (MWh) pour limiter l’impact de la flambée des prix causée par l’embrasement du conflit russo-ukrainien. Avec la fin du bouclier tarifaire et une inflation plus modérée, elle a déjà été relevée à 21 euros par MWh en février dernier.
L’ancien gouvernement prévoyait de ramener cette taxe à 32,44 euros par MWh d’ici février 2025. Mais face au déficit public, l’équipe actuelle, menée par Michel Barnier, envisage de la porter à environ 50 euros par MWh. Cette décision devrait rapporter 3 milliards d’euros de recettes supplémentaires en 2025.
Pourquoi alors une baisse des tarifs sur la facture ?
Le gouvernement s’appuie sur la baisse des prix de l’électricité sur les marchés. Si les prix ne sont pas revenus aux niveaux d’avant-crise (40-50 euros par MWh), ils oscillaient entre 60 et 70 euros en septembre, bien loin des sommets atteints en 2022, où le MWh avait franchi la barre des 1.000 euros. Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting, expliquait aux micros de France Info ce samedi 12 octobre que la fin de la crise énergétique contribue à cette baisse.
Ainsi, malgré la hausse de la taxe, 80 % des consommateurs, incluant les 22,4 millions de clients au tarif réglementé, devraient observer une baisse moyenne de 9 %, soit environ 100 euros d’économie annuelle.
Toutefois, cette diminution sera inférieure aux attentes. En juin dernier, Bruno Le Maire, alors ministre de l’Économie, évoquait une baisse de 10 à 15 %, et la Commission de régulation de l’énergie avait anticipé une réduction d’au moins 10 %, sur la base d’une taxe limitée à 32,44 euros par MWh.
Pour les 20 % de consommateurs hors tarif réglementé, comme ceux ayant des contrats indexés sur les marchés ou à prix fixe, la facture pourrait augmenter. Les fournisseurs pourraient répercuter la hausse de la taxe, notamment via l’abonnement ou les taxes, malgré un prix du kWh fixe.
Enfin, les consommateurs hors tarif réglementé peuvent à tout moment basculer vers ce type d’offre, même en résiliant un contrat fixe en cours. Le Médiateur de l’énergie a rappelé dans un communiqué qu’il suffit de souscrire un nouveau contrat pour changer de fournisseur, qui se chargera de la résiliation avec l’ancien.
Et pour les entreprises ?
Pour les entreprises, l’augmentation de l’accise sur l’électricité au 1er février aura également des conséquences, notamment pour celles qui dépendent du tarif réglementé de vente (TRV). Comme pour les particuliers, le gouvernement promet une baisse de 9 % de la facture globale pour les entreprises sous TRV. Cette réduction concernera les petites et moyennes entreprises qui bénéficient encore de ce type de tarif.
Cependant, la situation sera différente pour les entreprises ayant souscrit à des offres de marché. Pour celles-ci, l’impact pourrait être plus important, surtout si elles ont choisi des contrats indexés sur les prix du marché ou des offres à prix fixe.
En effet, bien que le prix du kilowattheure (kWh) puisse être fixe dans certaines offres, les fournisseurs peuvent ajuster l’abonnement ou les taxes en fonction des évolutions réglementaires.
Pour y voir plus clair, nous avons contacté notre expert en contrats énergétiques, Anthony Bouton, dirigeant de Polar énergie :
Le prix de l’électricité en entreprise se compose de trois éléments principaux. Tout d’abord, il y a la part fournisseur, qui correspond à l’achat de l’électricité sur le marché, auquel le fournisseur ajoute sa marge et parfois un abonnement. Ensuite, la part acheminement est reversée à Enedis et couvre la gestion du réseau et des compteurs. Enfin, la part taxes regroupe l’accise sur l’électricité (anciennement la CSPE), la CTA et la TVA, qui sont des contributions revenant à l’État.
D’autres composantes influencent également le prix, bien qu’elles représentent une plus petite portion. La part CEE, par exemple, finance les primes des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), qui augmentent chaque année. Certaines entreprises, notamment les industriels, peuvent être exemptées de cette charge tout en bénéficiant des primes.
Il y a aussi la part capacité, qui permet de subventionner les centrales électriques utilisées uniquement lors des périodes de forte tension sur le marché, comme en hiver. Sans cette subvention, ces centrales ne seraient pas rentables et risqueraient de fermer.
D’ici novembre, l’État prévoit une augmentation de 10 % de la part acheminement. De plus, il pourrait augmenter l’accise sur l’électricité, ce qui entraînerait une hausse de 30 €/MWh.
Pour une entreprise comme une boulangerie consommant environ 100 MWh par an, cela représenterait une augmentation de 3 000 € annuels. L’impact final sur les entreprises et les particuliers dépendra des décisions prises et publiées au Journal Officiel. Cette évolution s’explique en partie par le besoin de l’État de réduire son déficit.
Enfin, il est important de noter que certaines entreprises, notamment des industriels, peuvent bénéficier d’une exonération totale ou partielle de l’accise sur l’électricité. Enfin, un contrat à prix fixe ne couvre généralement que la part fournisseur. Les augmentations de la part acheminement et de la part taxes restent à la charge des entreprises, même avec un contrat à prix fixe.
