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Ce rappel survient dans un contexte alarmant : chaque jour en France, plus de 100 salariés subissent un accident grave, et deux décèdent.
Le 2 mars 2023, le Ministère du Travail et des Solidarités a dévoilé une vaste campagne nationale intitulée « la prévention n’est pas une option ».
À travers ce slogan, l’institution cherche à rappeler l’obligation collective — des employeurs, des salariés, des partenaires sociaux — de maintenir un niveau de vigilance élevé pour éviter les accidents du travail, en particulier les accidents graves et mortels.
Cette campagne est désormais officiellement lancée depuis le 2 décembre.
Un constat encore lourd malgré les progrès
Malgré des décennies d’efforts pour améliorer la sécurité au travail, les statistiques restent préoccupantes :
- Pour les salariés du régime général, près de 549.614 accidents du travail ont été déclarés en 2024.
- Parmi les décès liés au travail, 22 concernaient des personnes de moins de 25 ans — un chiffre qui interroge sur l’accueil, la formation et l’encadrement des jeunes travailleurs.
- Les causes les plus fréquentes d’accidents graves ou mortels sont le risque routier (22 %), la manutention manuelle (16 %), la chute de hauteur (13 %) et l’utilisation de machines (2 % dans le régime général, jusqu’à 21 % dans le régime agricole).
Ces chiffres traduisent une réalité encore très présente : malgré les mesures de prévention et la prise de conscience progressive, le « plancher » des accidents graves peine à reculer.
Une campagne pour relancer un réflexe de prévention
La campagne « la prévention n’est pas une option » ne se contente pas d’alerter. Elle entend fournir des outils concrets aux entreprises et aux salariés afin de bâtir une culture commune de la sécurité.
Parmi les axes mis en avant :
- L’évaluation des risques professionnels avec le Document unique d’évaluation des risques (DUERP).
- La mise en place de protections collectives ou individuelles : équipements adaptés, locaux sécurisés, organisation du travail.
- La formation et l’information : chaque salarié, et en particulier les nouveaux entrants, doit disposer de consignes claires et d’un accompagnement adapté.
- La vigilance quotidienne : respect des consignes, alerte en cas de danger, application des procédures.
L’objectif est de faire de la sécurité non pas un protocole qu’on active à la demande, mais une habitude inscrite dans les gestes professionnels.
Pourquoi l’accent est mis sur les premiers mois d’embauche
Un élément central de la communication concerne les salariés nouvellement recrutés : les statistiques montrent que l’année suivant une prise de poste est particulièrement risquée.
Jusqu’à 22 % des accidents graves ou mortels peuvent survenir durant cette période.
Ce constat rappelle que l’intégration professionnelle doit être pensée comme un moment clé de sensibilisation aux risques. Trop souvent, de jeunes salariés, des intérimaires ou des travailleurs saisonniers débutent sans une prise en charge adaptée.
À ce titre, des supports dédiés, des guides et des kits d’accompagnement existent afin que les employeurs puissent sécuriser l’environnement de travail dès la prise de poste.
Une responsabilité partagée : employeurs, salariés, partenaires
La prévention ne repose pas uniquement sur l’employeur. La campagne insiste sur la responsabilité collective :
- L’employeur doit organiser, anticiper, former, équiper conformément à son obligation de sécurité.
- Le salarié doit appliquer les consignes, signaler les dangers, porter ses équipements de protection.
- Les représentants du personnel, partenaires sociaux et acteurs de la santé au travail jouent un rôle de relais et de vigilance.
La campagne s’adresse donc à l’ensemble des parties prenantes, afin de bâtir une culture durable de prévention.
Quelques repères pour passer à l’action
Pour traduire les objectifs de la campagne dans les pratiques, voici quelques repères concrets applicables à toute organisation :
- Réaliser ou mettre à jour le DUERP.
- Mettre en place des protections adaptées (équipements de protection, aménagements).
- Assurer une formation régulière et ciblée, notamment pour les nouveaux entrants.
- Dispenser des sensibilisations régulières sur le terrain.
- Installer un dispositif d’alerte et de remontée d’incidents.
Ces axes nécessitent un engagement réel et un suivi constant pour produire des effets visibles.
Pour les TPE-PME : un sujet particulier
Si les grandes entreprises disposent souvent de services internes dédiés à la sécurité au travail, les TPE et PME rencontrent davantage de contraintes en matière de moyens humains et financiers.
Les effectifs comptent souvent plus de profils jeunes, temporaires ou précaires, davantage exposés aux risques en raison d’une moindre expérience ou d’une formation limitée.
La campagne nationale peut donc servir d’appui et de guide : en fournissant des ressources prêtes à l’emploi, elle aide ces structures à adopter des réflexes de prévention structurants sans devoir tout construire elles-mêmes.
Vers un changement de culture professionnelle
Avec « la prévention n’est pas une option », l’ambition n’est pas seulement de réduire les chiffres d’accidents : il s’agit d’engendrer un mouvement culturel profond dans le monde du travail.
Cette approche vise à intégrer la sécurité dans l’organisation opérationnelle, dans la transmission des savoirs, dans le dialogue interne et dans le pilotage RH. Le pari est vaste, mais dans un pays où chaque jour des vies sont impactées, il n’est pas secondaire.
Les plus fréquentes sont les accidents routiers liés aux trajets professionnels, la manutention manuelle, les chutes de hauteur et les incidents liés aux machines dans certains secteurs.
Les nouveaux arrivants — jeunes, intérimaires, saisonniers, nouveaux embauchés — sont davantage exposés, notamment durant les premiers mois au sein de l’entreprise.
L’employeur doit anticiper les risques, évaluer les dangers potentiels, mettre en place les mesures de protection nécessaires, former les salariés et garantir un environnement de travail sécurisé.
Le salarié doit suivre les consignes, utiliser les équipements de protection, signaler toute situation dangereuse et contribuer au respect collectif des règles de sécurité.
C’est un document obligatoire qui recense l’évaluation des risques professionnels présents dans l’entreprise et définit les mesures de prévention à mettre en place. Il doit être régulièrement mis à jour.
Elles peuvent s’appuyer sur les ressources fournies par l’État, sur les kits ministériels, sur les services de santé au travail et sur une sensibilisation régulière des équipes.
En en faisant un réflexe collectif, en inscrivant la sécurité dans la formation, le management, les échanges internes et l’organisation des postes de travail.

