Déclaration 2026 : le nouveau barème carburant pourrait coûter plus cher aux professionnels mobiles

L’administration fiscale a publié le 20 février dernier le barème forfaitaire des frais de carburant applicable à la déclaration de revenus 2026 (revenus perçus en 2025). Quels sont les impacts pour les contribuables ? Le barème fiscal ne répond pas à toutes les situations : voici les règles de déclaration Urssaf des frais de déplacement…

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Un tunnel vu de nuit avec des lumières de véhicules passant à grande vitesse, créant des traînées lumineuses rouges et bleues.
©Burak The Weekender / Pexels / Illustration.
La révision à la baisse du barème des frais de carburant pour 2026 modifie le montant des frais déductibles pour les salariés et indépendants au régime réel, sans effet direct pour les micro-entrepreneurs.

L’administration fiscale a publié le 20 février dernier le barème forfaitaire des frais de carburant applicable à la déclaration de revenus 2026 (revenus perçus en 2025). Quels sont les impacts pour les contribuables ?

Le barème fiscal ne répond pas à toutes les situations : voici les règles de déclaration Urssaf des frais de déplacement en micro-entreprise.

Cette année, les montants au kilomètre sont revus à la baisse. Une évolution susceptible de modifier le montant des frais déductibles pour certains… Pour les entrepreneurs, la question est simple : peuvent-ils utiliser ce barème et, si oui, quelles conséquences concrètes sur leur imposition ?


Qu’est-ce que le barème des frais de carburant ?

Le barème des frais de carburant est un outil publié chaque année par l’administration fiscale. Il permet d’évaluer forfaitairement le coût du carburant utilisé lors de déplacements professionnels effectués avec un véhicule personnel.

Il fixe un montant en euros par kilomètre parcouru, en fonction :

  • de la puissance fiscale du véhicule,
  • du type de carburant,
  • de la catégorie du véhicule (voiture, deux-roues).

Attention : Il ne couvre que le carburant. À distinguer du barème kilométrique complet, qui inclut également l’entretien, l’assurance et l’amortissement du véhicule.

Objectif : simplifier la déclaration : au lieu d’additionner chaque dépense réelle de carburant, le contribuable applique un montant forfaitaire par kilomètre professionnel parcouru.


À quoi sert ce barème ?

Il sert à calculer des frais professionnels déductibles lorsque le contribuable opte pour la déduction des frais réels.

En matière d’impôt sur le revenu, deux logiques coexistent :

  • un abattement forfaitaire automatique ;
  • la déduction des frais réels effectivement engagés.

Le barème carburant est un outil de calcul dans le cadre des frais réels.


Qui est concerné ?

Peuvent utiliser le barème des frais de carburant :

  • Les salariés qui choisissent la déduction des frais réels au lieu de l’abattement de 10 %.
  • Les travailleurs indépendants relevant d’un régime réel d’imposition (BIC ou BNC).

Dans ces situations, une baisse du barème réduit mécaniquement le montant déductible par kilomètre parcouru.


Qui n’est pas concerné ?

Les micro-entrepreneurs (micro-BIC et micro-BNC) ne peuvent pas utiliser ce barème.

Dans ce régime :

  • Les charges ne sont pas déduites au réel.
  • L’administration applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires.
  • Cet abattement est censé couvrir l’ensemble des dépenses professionnelles.

Les frais de carburant réellement engagés ne modifient donc pas le revenu imposable.


Exemple 1 : un salarié

Un salarié parcourt 8 000 kilomètres par an pour des déplacements professionnels.

S’il opte pour les frais réels et que le barème applicable est de 0,08 euro par kilomètre (hypothèse illustrative), il peut déduire :

8.000 × 0,08 = 640 euros.

Ces 640 euros viennent réduire son revenu imposable. Si le barème baisse, le montant déductible diminue à kilométrage identique.


Exemple 2 : un travailleur indépendant au régime réel

Un consultant indépendant relève du régime réel BNC. Il parcourt 15 000 kilomètres par an pour ses missions.

Avec un barème de 0,08 euro par kilomètre (hypothèse illustrative), il peut déduire :

15.000 × 0,08 = 1.200 euros au titre du carburant.

Ces 1 200 euros constituent une charge déductible de son bénéfice professionnel.

Si le barème était auparavant de 0,09 euro par kilomètre, la déduction aurait été :

15.000 × 0,09 = 1 350 euros.

La baisse du barème représente donc une diminution de 150 euros de charges déductibles, ce qui augmente mécaniquement son bénéfice imposable.

Pour un professionnel dont l’activité repose fortement sur les déplacements (artisan, commercial indépendant, infirmier libéral), l’impact peut être significatif à l’échelle annuelle.


Exemple 3 : un micro-entrepreneur

Un micro-entrepreneur réalise 40.000 euros de chiffre d’affaires annuel et parcourt 12.000 kilomètres pour ses clients. Il dépense 2.000 euros de carburant.

Fiscalement :

  • Il ne peut pas déduire ces 2.000 euros.
  • L’administration applique un abattement forfaitaire (par exemple 50 %).
  • Son revenu imposable est calculé sur 20.000 euros, indépendamment de ses dépenses réelles.

La baisse ou la hausse du barème carburant ne change rien à son impôt.

En revanche, ces 2.000 euros pèsent directement sur sa marge et sa trésorerie.


En quoi la baisse du barème peut affecter un entrepreneur ?

Pour les indépendants au régime réel

  • Diminution des charges déductibles.
  • Augmentation potentielle du bénéfice imposable.
  • Impact plus marqué pour les activités fortement mobiles.

Pour les micro-entrepreneurs

  • Aucun effet fiscal direct.
  • Impact économique réel sur la rentabilité.
  • Nécessité éventuelle d’ajuster les tarifs ou de facturer les déplacements.

Un enjeu de choix de régime fiscal

Pour un entrepreneur dont les frais de déplacement sont élevés, le choix entre régime micro et régime réel mérite une analyse. Si les charges réelles dépassent largement l’abattement forfaitaire, le régime réel peut devenir plus avantageux malgré des obligations comptables plus lourdes.

Le barème des frais de carburant reste un outil technique, mais il peut avoir des effets concrets sur la fiscalité et la rentabilité des professionnels concernés.

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