
Le recours à l’alternance continue de ralentir dans les entreprises. Au deuxième trimestre 2026, les effectifs salariés en contrats d’alternance ont diminué de 0,6 %, après un premier recul de 0,3 % au trimestre précédent. Dans son dernier bilan, l’Urssaf met cette évolution en regard de la diminution des aides à l’embauche.
Pour les petites entreprises, qui représentent une part importante des employeurs d’apprentis, le changement des dispositifs de soutien peut peser dans la décision de recruter. D’autant que les règles applicables en 2026 ont évolué au fil de l’année…
Deux trimestres consécutifs de baisse
Après plusieurs années de développement de l’apprentissage, les effectifs en alternance connaissent un nouveau recul en 2026. Ils ont diminué de 0,3 % au premier trimestre, puis de 0,6 % au deuxième trimestre.
La baisse reste limitée, mais elle s’inscrit dans un mouvement qui mérite d’être surveillé. Dans son bilan du deuxième trimestre, l’Urssaf indique que les contrats en alternance « continuent également de perdre des postes », dans un contexte de diminution des aides à l’embauche.
Cette évolution intervient alors que les autres catégories de contrats connaissent des évolutions plus modérées. Les effectifs en CDD progressent ainsi de 0,1 % sur le trimestre tandis que ceux en CDI sont quasiment stables, avec 7.300 postes de moins, soit une baisse inférieure à 0,1 %.
À retenir :
-0,3 % au premier trimestre 2026
-0,6 % au deuxième trimestreL’alternance enregistre donc deux trimestres consécutifs de baisse, avec un recul qui s’accentue au printemps.
Quelles aides pour une TPE en 2026 ?
Le dispositif d’aide à l’embauche d’un apprenti a été modifié en 2026. Pour les contrats conclus à partir du 8 mars 2026 et dont l’exécution débute avant le 1er janvier 2027, le montant dépend notamment du niveau de qualification préparé.
Les montants pour les entreprises de moins de 250 salariés
| Niveau de diplôme préparé | Montant maximal de l’aide |
|---|---|
| Niveau 3 – CAP | 5 000 € |
| Niveau 4 – Bac | 5 000 € |
| Niveau 5 – Bac+2 | 4 500 € |
| Niveau 6 – Bac+3/Bac+4 | 2 000 € |
| Niveau 7 – Bac+5 | 2 000 € |
| Apprenti en situation de handicap | 6 000 € |
Ces montants correspondent à la première année d’exécution du contrat. Pour les contrats concernés par l’aide exceptionnelle, celle-ci ne peut pas être cumulée avec l’aide unique de 5.000 €.
Le montant de 5.000 € reste donc applicable aux TPE et PME de moins de 250 salariés qui recrutent un apprenti préparant un diplôme ou un titre de niveau 3 ou 4.
En revanche, le soutien financier diminue lorsque le niveau de qualification préparé est plus élevé.
Une différence importante selon le niveau de formation
Cette modulation constitue l’un des changements importants de 2026.
- Jusqu’alors, une entreprise de moins de 250 salariés pouvait notamment bénéficier d’une aide pouvant atteindre 5.000 € pour l’embauche d’un apprenti.
- Désormais, pour les contrats concernés par le nouveau dispositif, le montant varie selon le diplôme préparé.
- Pour une TPE qui souhaite recruter un jeune en BTS, par exemple, l’aide maximale est de 4.500 €. Pour un recrutement préparant à un diplôme de niveau licence ou master, elle descend à 2.000 €.
- Le niveau de qualification devient donc un élément à intégrer dans le calcul du coût d’un recrutement en alternance.
Un soutien renforcé en cas de handicap
Le montant de l’aide peut atteindre 6.000 € lorsque l’apprenti est en situation de handicap, quelle que soit la taille de l’entreprise et quel que soit le niveau de diplôme préparé.
Cette aide reste cumulable avec les aides spécifiques destinées aux apprentis en situation de handicap.
Pourquoi les aides peuvent-elles peser dans les décisions des petites entreprises ?
Pour une TPE, l’embauche d’un alternant ne se résume pas au salaire versé. L’entreprise doit également prendre en compte le temps consacré à l’intégration, à la formation et au suivi du jeune, ainsi que les éventuels coûts liés à son équipement et à son poste de travail.
L’aide publique vient donc réduire une partie du coût du recrutement pendant la première année.
Lorsque son montant diminue, l’équilibre économique du recrutement peut être différent. C’est particulièrement vrai pour les petites entreprises qui envisagent d’embaucher un alternant sur un niveau de formation supérieur au bac.
Le recul enregistré par l’Urssaf ne permet toutefois pas, à lui seul, d’attribuer la baisse des contrats à la diminution des aides. D’autres facteurs peuvent intervenir dans les décisions de recrutement :
- activité économique,
- besoins de main-d’œuvre,
- capacité des entreprises à encadrer un alternant,
- évolution de l’offre de formation.
Les règles ont changé en cours d’année
La situation est d’autant plus difficile à lire que le régime d’aide n’est pas identique pour tous les contrats conclus en 2026.
Pour les contrats signés entre le 1er janvier et le 7 mars 2026, les entreprises de moins de 250 salariés pouvaient bénéficier d’une aide maximale de 5.000 € pour un apprenti préparant un diplôme ou un titre de niveau inférieur ou égal au bac.
Depuis le 8 mars, le nouveau dispositif introduit une modulation selon le niveau de qualification.
Le calendrier 2026
Du 1er janvier au 7 mars 2026
→ aide maximale de 5 000 € pour les entreprises de moins de 250 salariés, pour les formations de niveau 3 ou 4.
À partir du 8 mars 2026
→ nouvelle aide exceptionnelle, avec des montants variant selon la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme préparé.
Jusqu’au 31 décembre 2026
→ les contrats concernés par l’aide exceptionnelle doivent débuter avant le 1er janvier 2027.
Un recrutement qui reste soutenu, mais de façon plus ciblée
La baisse des effectifs en alternance ne signifie donc pas la disparition du soutien public. Le gouvernement a reconduit une aide à l’embauche des apprentis pour 2026, mais en la modulant davantage.
Pour les TPE, le dispositif reste particulièrement favorable pour les formations de niveau CAP ou bac, avec une aide pouvant atteindre 5.000 € sur la première année. Il est moins généreux pour les formations de niveau supérieur.
Cette évolution traduit aussi une volonté de cibler davantage les aides publiques, alors que le coût du dispositif d’apprentissage fait régulièrement l’objet d’arbitrages budgétaires.
Avant de recruter un alternant
Pour une TPE qui envisage une embauche en 2026, plusieurs éléments sont à vérifier avant de signer :
- la date de conclusion du contrat ;
- le niveau de qualification préparé ;
- le montant de l’aide auquel l’entreprise peut prétendre ;
- la situation éventuelle de handicap de l’apprenti ;
- les conditions de versement de l’aide ;
- le coût restant à la charge de l’entreprise.
L’aide est versée pour la première année d’exécution du contrat. Son montant peut notamment être proratisé en cas de contrat d’une durée inférieure à un an ou de rupture anticipée.
L’alternance reste un outil de recrutement pour les TPE
Malgré le recul observé au premier semestre, l’alternance reste un moyen pour les petites entreprises de former de futurs salariés à leurs méthodes et à leurs besoins.
Pour certaines TPE, le recrutement d’un alternant répond d’ailleurs à une problématique qui dépasse le seul coût salarial : il permet de préparer la transmission des savoir-faire, de constituer un vivier de recrutement et de former progressivement un jeune à un métier pour lequel les candidats expérimentés peuvent être difficiles à trouver.
- Les prochains chiffres de l’Urssaf permettront de déterminer si les deux baisses enregistrées depuis le début de l’année correspondent à un ralentissement ponctuel ou à une tendance plus durable.
- Pour les employeurs, une chose est déjà certaine : en 2026, le niveau de formation préparé est devenu un élément déterminant pour connaître le montant de l’aide à l’embauche d’un apprenti.

