
À l’occasion d’une rencontre avec le Premier ministre le 2 septembre dernier, Michel Picon et les quatre vice-présidents de l’U2P ont porté les inquiétudes des petites entreprises, confrontées à la hausse des défaillances, aux contraintes réglementaires et à l’incertitude budgétaire. Facturation électronique, apprentissage, fiscalité, cumul emploi-retraite : l’organisation patronale demande désormais des décisions concrètes.
- La rentrée s’annonce difficile pour les petites entreprises. C’est le message porté par l’U2P auprès du Premier ministre lors d’une rencontre consacrée à leur situation économique, budgétaire et sociale.
- L’organisation, qui représente notamment les entreprises de proximité, alerte sur une dégradation de la situation financière des petites structures, fragilisées par les conséquences de la crise énergétique et par l’inflation.
- Ces deux chocs ont durablement pesé sur les coûts et les marges. Leur effet continue de se faire sentir alors que les entreprises doivent parallèlement composer avec un environnement réglementaire et administratif toujours plus exigeant.
- Pour l’U2P, le risque est désormais de voir certaines petites entreprises ne plus disposer de suffisamment de trésorerie ou de marges de manœuvre pour absorber une contrainte supplémentaire.
Défaillances : les petites entreprises sous pression
La progression des défaillances constitue l’un des principaux signaux d’alerte avancés par l’U2P. Après plusieurs années marquées par les crises successives, les petites entreprises restent exposées à des charges élevées et à une consommation qui demeure incertaine.
Cette fragilité donne une portée particulière aux nouvelles obligations qui doivent entrer en vigueur. L’U2P a notamment insisté sur la facturation électronique, dont le déploiement va modifier les pratiques administratives et comptables des entreprises.
L’organisation ne remet pas en cause le principe de la réforme mais demande que son entrée en vigueur s’accompagne d’un véritable soutien aux petites structures. Elle réclame un accompagnement « soutenu et bienveillant » de la part des services de l’État dans les prochains mois et n’exclut pas une adaptation du dispositif si les difficultés rencontrées sur le terrain le justifient.
Pour les dirigeants de petites entreprises, la question dépasse la seule maîtrise d’un nouvel outil numérique : il s’agit aussi de disposer du temps, des compétences et des moyens nécessaires pour se mettre en conformité sans perturber l’activité.
Budget 2027 : l’U2P demande de sortir de l’incertitude
Autre sujet majeur de la rencontre : la préparation du budget 2027. L’U2P estime indispensable que la France adopte un budget et évite une nouvelle période d’instabilité parlementaire.
Pour l’organisation patronale, l’incertitude politique et budgétaire pèse directement sur les décisions des entreprises. Elle peut également contribuer à freiner la consommation, alors que de nombreuses activités de proximité restent dépendantes de la demande des ménages.
L’U2P se dit favorable à l’engagement du Premier ministre de ne pas augmenter la fiscalité des entreprises par rapport à 2025, avec une attention particulière portée aux plus petites entreprises.
Mais cette position suppose, selon l’organisation, de s’attaquer à la dépense publique et sociale. L’objectif affiché est d’éviter que la maîtrise de la fiscalité des entreprises se traduise par un nouveau creusement des déficits et de la dette publique.
Apprentissage : les aides maintenues, mais des irritants persistent
L’U2P se félicite également d’avoir été entendue sur le maintien des aides à l’apprentissage. Un enjeu important pour les petites entreprises, qui utilisent largement l’alternance pour former et recruter leurs futurs salariés.
L’organisation considère toutefois que plusieurs difficultés restent à régler. Elle a notamment remis sur la table les règles du cumul emploi-retraite, ainsi que le statut des conjoints collaborateurs, auxquels certaines évolutions réglementaires imposent de devenir salariés ou associés.
Sur ces deux dossiers, l’U2P indique avoir formulé des propositions auprès du gouvernement. Elle entend désormais obtenir des réponses opérationnelles.
Représentativité patronale : l’U2P réclame une réforme des règles
La délégation a enfin abordé un sujet plus institutionnel : celui de la représentativité patronale.
L’U2P estime que les règles actuelles créent une situation qu’elle juge injuste et demande aux pouvoirs publics d’engager un travail destiné à rendre ces règles plus équitables.
Cette revendication s’inscrit dans la volonté de l’organisation de mieux faire reconnaître le poids économique et social des entreprises de proximité dans le dialogue social et dans l’élaboration des politiques publiques.
Au terme de la rencontre, l’U2P reconnaît une « écoute constructive » de la part du gouvernement. Mais l’organisation fixe désormais un autre objectif : que cette écoute débouche sur des mesures concrètes dans les prochains mois.
- Pour les petites entreprises, la rentrée ne laisse guère de place à une nouvelle période d’attentisme.
- Entre la pression sur les marges, la hausse des défaillances, les nouvelles obligations administratives et les incertitudes liées au budget 2027, l’enjeu est désormais de préserver leur capacité à investir, embaucher et poursuivre leur activité.
Facturation électronique : quand les micro-entreprises doivent-elles se mettre en conformité ?
La réforme de la facturation électronique commence le 1er septembre 2026 pour les micro-entrepreneurs, qui doivent recevoir des factures électroniques. À partir de septembre 2027, ils devront les émettre et transmettre des données à l’administration fiscale. La préparation débute dès maintenant, avec nécessité de choisir une plateforme agréée.
Alternance : les effectifs continuent de reculer, les aides à l’embauche ont changé
Au deuxième trimestre 2026, les effectifs en alternance ont diminué de 0,6 %, après une baisse de 0,3 % au trimestre précédent, en raison de la diminution des aides à l’embauche. Pour les petites entreprises, les nouvelles modalités de soutien complicent leur décision de recruter, surtout pour les niveaux de formation supérieurs.
Facture électronique : ce qui change pour les notes de restaurant de vos salariés dès 2026
La réforme de la facturation électronique modifie le traitement des dépenses de restauration. Trois scénarios sont identifiés selon que le collaborateur signale son action pour l’entreprise. Les tickets de caisse sont acceptés jusqu’à 150 € HT, au-delà, une facture complète est nécessaire. Sensibilisation des employés à ces règles est recommandée.
Prime à l’embauche d’un apprenti : vers un maintien des aides en 2027
Le gouvernement français prévoit de maintenir les aides à l’embauche d’apprentis à leurs niveaux actuels en 2027, selon le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Cette décision, conditionnée par le vote de la loi de finances, vise à soutenir les entreprises face aux réformes précédentes et aux réductions des montants des aides.
Bercy annonce une période de tolérance pour le lancement de la facturation électronique
À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront recevoir des factures électroniques, avec une période de tolérance pour celles rencontrant des difficultés. Le ministre David Amiel a assuré qu’aucune sanction ne serait appliquée aux entreprises de bonne foi. Un guide pratique et une ligne d’assistance seront disponibles pour accompagner les acteurs concernés.
Facturation électronique : des milliers d’entreprises risquent de ne plus pouvoir recevoir leurs factures dès le 1er septembre
La réforme de la facturation électronique, souvent mal comprise, impose à partir du 1er septembre 2026 aux entreprises assujetties à la TVA de recevoir des factures électroniques. De nombreuses entreprises, peu préparées, risquent des complications dans leurs transactions. L’échéance de 2027, pour l’émission, n’est qu’une étape dans un changement plus large.

