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Fin 2024, plus d’un million de jeunes sont engagés dans un contrat d’apprentissage en cours.
Cette progression rapide confirme la place désormais centrale de l’apprentissage dans la formation initiale et dans les stratégies de recrutement des entreprises.
Avec 879.000 nouveaux contrats signés en 2024, l’apprentissage atteint un niveau inédit en France. Ce chiffre, issu de la dernière note Trésor-Éco publiée par la direction générale du Trésor en novembre dernier, illustre l’ampleur de la transformation engagée depuis la réforme de 2018.
En sept ans, le nombre d’entrées a presque triplé, passant de 306.000 contrats en 2017 à près de 900.000 aujourd’hui.
Fin 2024, plus d’un million de jeunes sont engagés dans un contrat d’apprentissage en cours.
Pour les employeurs, ce mode de formation s’est imposé comme un canal structurant d’accès aux compétences, bien au-delà des filières historiquement associées à l’alternance, et désormais au cœur des politiques de formation initiale.
Une réforme fondatrice et un cadre profondément modifié
La montée en puissance observée depuis 2018 est indissociable de la réforme issue de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ».
Celle-ci a transformé l’organisation de l’apprentissage en profondeur. L’ouverture des centres de formation d’apprentis a été libéralisée, les règles de financement simplifiées et les contrats rendus plus souples.
À cela s’est ajoutée une politique de soutien financier aux employeurs, avec une aide à l’embauche généralisée et modulée dans le temps.
En 2024, cette architecture continue de produire ses effets, en particulier auprès des petites et moyennes entreprises, pour lesquelles le reste à charge sur la première année de contrat demeure limité.
Cette combinaison entre assouplissement réglementaire et soutien public a permis à l’apprentissage de changer d’échelle en quelques années, tout en attirant de nouveaux profils d’entreprises.
Un basculement progressif vers l’enseignement supérieur
La dynamique de 2024 confirme une évolution déjà engagée : l’apprentissage n’est plus majoritairement cantonné aux formations de niveau CAP ou baccalauréat professionnel.
Désormais, 61 % des apprentis préparent un diplôme de l’enseignement supérieur, du bac+2 au bac+5, contre 39 % en 2018.
Entre 2018 et 2024, le nombre d’entrées en apprentissage en licence et en master a été multiplié par plus de cinq.
Cette évolution s’explique par :
- l’intérêt croissant des étudiants pour des parcours professionnalisants,
- l’appétence des entreprises pour des profils immédiatement opérationnels sur des fonctions qualifiées.
Dans les faits, l’apprentissage s’est imposé dans des secteurs qui y recouraient peu auparavant, notamment dans les services à forte intensité de compétences.
Des secteurs et des employeurs plus diversifiés
Selon le rapport de la direction générale du Trésor, en 2024, près de trois quarts des contrats d’apprentissage sont signés dans le secteur des services, contre un peu plus de 60 % six ans plus tôt.
Les activités de soutien aux entreprises, l’administration, l’informatique et la communication figurent parmi les principaux moteurs de cette progression.
Cette évolution sectorielle s’accompagne d’une transformation du profil des employeurs. Les entreprises de plus de 250 salariés concentrent désormais près d’un quart des apprentis, une part en hausse continue depuis 2018.
Elles recrutent notamment une proportion importante d’apprentis de niveau licence et master, souvent positionnés sur des fonctions supports, numériques ou managériales.
Dans le même temps, les TPE et PME restent fortement mobilisées, en particulier sur les formations de niveau infra-bac et bac+2, où l’apprentissage continue de jouer un rôle structurant dans la transmission des savoir-faire.
Quelques repères sur la dynamique 2024 :
- 879.000 nouveaux contrats signés sur l’année
- plus d’un million d’apprentis en cours de contrat fin 2024
- 74 % des contrats concentrés dans les services
- 61 % des apprentis inscrits dans l’enseignement supérieur
Un impact confirmé sur l’insertion professionnelle
L’attrait persistant de l’apprentissage tient aussi à ses résultats en matière d’accès à l’emploi. Les données disponibles montrent que les apprentis s’insèrent globalement mieux que les jeunes issus de la voie scolaire, en particulier aux niveaux de qualification les plus bas.
Pour les diplômés de CAP, 63 % des apprentis sont en emploi 18 mois après la fin de leur formation, contre 36 % pour les élèves passés par la voie scolaire.
L’écart se réduit à mesure que le niveau de diplôme augmente, jusqu’à devenir plus modéré au niveau master. Cette convergence s’explique notamment par la généralisation des stages longs dans le supérieur, qui rapprochent les trajectoires d’insertion.
Dans de nombreux cas, l’embauche directe par l’entreprise formatrice reste un facteur déterminant du passage à l’emploi, en particulier dans les secteurs confrontés à des besoins continus de main-d’œuvre qualifiée.
Un coût public élevé, désormais sous surveillance
Le succès quantitatif de l’apprentissage s’accompagne d’un effort financier conséquent.
En 2023, le coût pour les finances publiques a atteint près de 15 milliards d’euros, soit environ 14.700 euros par apprenti, un niveau sensiblement supérieur à celui observé dans d’autres pays européens.
Ce différentiel s’explique principalement par le montant des aides versées aux employeurs et par le financement des coûts pédagogiques des formations, particulièrement élevés dans l’enseignement supérieur.
Face à cette situation, des ajustements ont été engagés à partir de 2025 afin de mieux maîtriser la dépense, notamment pour les formations de niveau licence et au-delà.
Pour les entreprises, ces évolutions impliquent une vigilance accrue sur les modalités de prise en charge, sans remettre en cause l’intérêt du dispositif comme outil de recrutement et de formation.
Une place désormais installée dans les stratégies RH
Les 879.000 contrats signés en 2024 illustrent moins un pic conjoncturel qu’une transformation durable du système de formation initiale.
L’apprentissage est devenu un passage courant pour de nombreux jeunes, y compris dans des parcours de haut niveau, et un outil structurant pour les entreprises confrontées à des besoins continus de compétences.
Reste à savoir comment cette dynamique s’inscrira dans la durée, à l’heure où les équilibres financiers du dispositif sont réinterrogés et où les entreprises arbitrent entre attractivité, coûts et capacité d’encadrement.
Une chose est acquise : en 2024, l’apprentissage a confirmé son statut de pilier de la relation entre formation et emploi en France.

