
Fleuristes, caissiers, salariés du spectacle, prestataires de services ou encore métallurgistes : plusieurs milliers de salariés peuvent voir leur salaire minimum conventionnel évoluer depuis le 1er août 2026. Mais attention : une nouvelle grille ne signifie pas automatiquement une augmentation pour tous.
- Depuis le 1er août 2026, de nouvelles grilles de rémunération sont entrées en vigueur dans plusieurs branches professionnelles.
- Les négociations menées par les partenaires sociaux ont abouti à des revalorisations des minima conventionnels.
- Selon les Éditions Tissot, sept branches sont concernées : les entreprises artistiques et culturelles, le commerce de détail alimentaire non spécialisé, les fleuristes et services aux animaux familiers, les prestataires de services du secteur tertiaire, le commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, les entreprises d’architecture dans plusieurs territoires ultramarins et la métallurgie en Flandre-Douaisis.
- Mais ces nouvelles grilles doivent être lues avec attention. Le salaire minimum conventionnel dépend de la classification du salarié : niveau, échelon, coefficient ou groupe selon la convention applicable.
Une nouvelle grille ne signifie pas forcément une augmentation de salaire
C’est probablement le point le plus important pour les salariés concernés.
Une convention collective fixe un minimum de rémunération applicable à une classification donnée. Si le salaire versé est déjà supérieur à ce minimum, l’employeur n’a pas à augmenter automatiquement la rémunération simplement parce qu’une nouvelle grille vient d’être négociée.
À l’inverse, si le salaire est inférieur au nouveau minimum conventionnel applicable, l’employeur doit respecter le nouveau plancher.
Il faut également comparer ce montant avec le Smic. Depuis le 1er juin 2026, le Smic est fixé à 12,31 € brut de l’heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures.
Le principe peut donc être résumé ainsi :
Les 7 branches concernées par les nouveaux minima
Voici les principales évolutions entrées en vigueur au 1er août 2026.
Les accords et avenants correspondants sont issus de négociations menées en 2026. Pour plusieurs branches, leur date d’entrée en vigueur dépend de la publication de l’arrêté d’extension au Journal officiel.
Fleuristes et animaleries : le minimum dépasse désormais 1 880 euros
La branche des fleuristes, de la vente et des services des animaux familiers fait partie de celles où l’évolution est particulièrement visible.
L’accord du 10 mars 2026, étendu par arrêté du 17 juillet 2026 publié au Journal officiel le 22 juillet, prévoit une nouvelle grille issue de la classification professionnelle mise en place précédemment. Elle est applicable depuis le 1er août 2026.
Pour le premier niveau, premier échelon, le minimum atteint 1 882,18 € brut mensuel, contre 1 854,36 € auparavant, soit une différence de 27,82 € brut par mois.
Il ne s’agit toutefois que du minimum correspondant à cette classification. Un salarié positionné à un autre niveau ou bénéficiant déjà d’une rémunération supérieure ne verra pas nécessairement son salaire augmenter du même montant.
Grande distribution : jusqu’à près de 4 000 euros pour le niveau 8
Dans le commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, l’avenant n° 99 du 17 avril 2026 fixe une nouvelle grille de minima hiérarchiques applicable depuis le 1er août.
Pour le niveau 1A, correspondant à la période d’accueil, le salaire mensuel minimum garanti est fixé à 1 914,19 € brut. Le niveau 1B, après quatre mois, atteint 1 915,78 €.
À l’autre extrémité de la grille, les minima annuels garantis pour les salariés relevant du forfait jours atteignent 54 100 € au niveau 8 pour les 36 premiers mois, puis 56 170 € après 36 mois.
Le nouvel avenant a été étendu par arrêté du 6 juillet 2026 et son barème est applicable à compter du premier jour du mois suivant la publication de cet arrêté, soit le 1er août.
Les prestataires de services du tertiaire sont également concernés
Le secteur tertiaire n’est pas oublié. L’accord du 27 mai 2026 concernant la convention collective des prestataires de services dans le domaine du secteur tertiaire a été étendu par un arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel le 31 juillet.
Il concerne notamment des activités comme les centres d’appels, certains services de secrétariat, le télésecrétariat, la traduction, le recouvrement ou encore certaines activités d’accueil et d’organisation de congrès.
L’accord prévoit une revalorisation de la grille des minima. Son entrée en vigueur au 1er août 2026 résulte de la publication de l’arrêté d’extension.
Dans la culture, salaires et primes n’évoluent pas au même moment
La situation des entreprises artistiques et culturelles mérite une attention particulière.
L’accord du 1er juillet 2026 prévoit une évolution des salaires à compter du 1er août 2026. En revanche, certaines indemnités et primes sont revalorisées seulement à compter du 1er septembre 2026.
Autre point de vigilance : au cours du mois d’août, l’accord salarial 2026 n’était pas encore étendu à l’ensemble de la branche. Sa portée dépend donc de la situation de l’employeur et de son rattachement aux organisations signataires.
Pour les salariés concernés, il est donc préférable de vérifier la convention collective et le texte applicable à l’entreprise plutôt que de se fier uniquement à une grille publiée en ligne.
Architecture : une hausse limitée à quatre territoires ultramarins
Les salariés des entreprises d’architecture ne sont pas concernés de la même manière sur tout le territoire.
Les accords recensés pour une entrée en vigueur au 1er août portent sur la valeur du point en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à La Réunion. Il ne s’agit donc pas d’une revalorisation générale de la grille applicable aux cabinets d’architecture de métropole.
Métallurgie : la Flandre-Douaisis seulement
Dans la métallurgie, la modification concerne également un périmètre géographique précis.
L’accord du 26 juin 2026 porte sur la valeur du point utilisée pour le calcul de la prime d’ancienneté des salariés de la métallurgie en Flandre-Douaisis. Il ne faut donc pas en déduire une hausse générale des salaires de tous les métallurgistes en France.
Cette distinction est importante : certaines annonces de revalorisation des minima conventionnels portent sur une branche entière, tandis que d’autres sont limitées à un territoire ou à une catégorie de salariés.
Le Smic reste le filet de sécurité
Le calendrier des négociations explique aussi certaines différences entre les grilles.
Plusieurs accords ont été négociés avant la dernière hausse du Smic. Or, depuis le 1er juin 2026, le salaire minimum légal s’élève à 1 867,02 € brut mensuel pour 35 heures.
Lorsqu’une grille conventionnelle prévoit un montant inférieur au Smic, ce montant ne peut pas servir à rémunérer un salarié à temps plein : le minimum légal s’impose.
C’est pourquoi la simple lecture d’une ancienne grille peut être trompeuse. Pour connaître le salaire réellement dû, il faut regarder simultanément :
- la convention collective applicable à l’entreprise ;
- la classification du salarié ;
- le minimum conventionnel correspondant ;
- le Smic en vigueur ;
- et, le cas échéant, les accords d’entreprise applicables.
Que doit vérifier un salarié en août 2026 ?
Un salarié qui pense être concerné par une revalorisation peut commencer par regarder l’intitulé de sa convention collective sur son bulletin de salaire.
Il doit ensuite identifier son niveau, son échelon, son coefficient ou son groupe selon le système utilisé par sa branche.
À retenir
Le 1er août 2026 ne correspond pas à une hausse générale des salaires en France. Il marque l’entrée en vigueur de plusieurs nouvelles grilles conventionnelles négociées par les branches.
Pour les salariés concernés, l’augmentation dépend donc avant tout de leur classification et de leur rémunération actuelle. Les fleuristes et salariés des services aux animaux familiers, par exemple, voient leur premier minimum passer à 1 882,18 € brut, tandis que la grande distribution alimentaire fixe son premier niveau à 1 914,19 € brut mensuel garanti.
Dans tous les cas, le minimum conventionnel ne peut pas être inférieur au Smic, fixé à 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026.
Source principale : Éditions Tissot, « Conventions collectives : les grilles de salaires au 1er août 2026 », publié le 27 juillet 2026. Éditions Tissot – grilles de salaires au 1er août 2026
Sources complémentaires : Légifrance, Journal officiel et textes des conventions collectives.
