
À compter du 1er septembre 2026, les règles de MaPrimeRénov’ évoluent de nouveau. Trois textes publiés au Journal officiel du 27 août précisent les changements apportés au dispositif, avec un recentrage des aides accordées pour les travaux réalisés « par geste », mais aussi de nouvelles conditions pour les rénovations d’ampleur.
Plusieurs travaux sortent de MaPrimeRénov’ par geste
Le principal changement concerne le parcours MaPrimeRénov’ « par geste ». À partir du 1er septembre, plusieurs catégories de travaux ne donneront plus droit aux forfaits de la prime.
Sont notamment concernés :
- certains équipements de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire fonctionnant au bois ou à la biomasse ;
- les pompes à chaleur dédiées à la production d’eau chaude sanitaire ;
- les systèmes de ventilation ;
- plusieurs travaux d’isolation ;
- certains équipements de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire utilisant l’énergie solaire thermique ou des capteurs solaires hybrides, en métropole.
Le décret n° 2026-822 modifie en conséquence l’annexe recensant les dépenses pouvant ouvrir droit à la prime. Les nouvelles règles s’appliquent aux demandes déposées à compter du 1er septembre 2026.
Cette évolution ne signifie toutefois pas que ces travaux disparaissent des dispositifs de financement de la rénovation énergétique.
Les logements F et G conservent temporairement l’accès au « par geste »
Le calendrier concernant les logements énergivores est également modifié.
En France métropolitaine, les logements classés F ou G pourront continuer à bénéficier du parcours MaPrimeRénov’ par geste jusqu’au 31 décembre 2027, pour les travaux qui restent éligibles au dispositif.
Le calendrier prévu pour l’exigence du diagnostic de performance énergétique (DPE) est lui aussi repoussé : l’échéance passe du 1er janvier 2027 au 1er janvier 2028.
Autrement dit, la réforme du 1er septembre ne ferme pas immédiatement le parcours par geste aux passoires thermiques. Elle maintient une période transitoire jusqu’à la fin de 2027.
Rénovation d’ampleur : les énergies fossiles davantage écartées
Le changement concerne également le Parcours accompagné de MaPrimeRénov’, destiné aux projets de rénovation d’ampleur.
Pour les maisons individuelles, les travaux réalisés à compter du 1er septembre 2026 ne devront plus conduire à installer ou conserver un système de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire pouvant utiliser un combustible fossile.
La règle vise notamment les équipements fonctionnant au gaz ou au fioul. Une exception est toutefois prévue lorsque l’équipement correspond au raccordement à un réseau de chaleur ou de froid.
Le changement est donc différent de celui appliqué au parcours par geste : il ne s’agit plus seulement de déterminer quels travaux sont subventionnés, mais de regarder la configuration énergétique retenue au terme d’une rénovation d’ampleur.
L’éco-PTZ prend le relais pour certains travaux
La suppression d’un forfait MaPrimeRénov’ ne signifie pas nécessairement la disparition de toute possibilité de financement.
L’arrêté du 25 août 2026 modifie également les règles techniques applicables à l’éco-prêt à taux zéro. Il maintient notamment dans le champ de ce financement des catégories de travaux qui ne bénéficient plus de MaPrimeRénov’ par geste.
L’éco-PTZ constitue donc un autre levier pour les ménages qui souhaitent financer une rénovation énergétique. Ce prêt réglementé peut atteindre 50 000 euros et est accessible sans condition de ressources, sous réserve de respecter les conditions prévues par le dispositif.
Cette distinction entre les deux dispositifs devient importante : un ménage devra désormais vérifier séparément l’éligibilité de son projet à MaPrimeRénov’ et celle de ses travaux à l’éco-PTZ.
Un nouveau cadre à prendre en compte avant de lancer les travaux
Pour les particuliers comme pour les professionnels de la rénovation, le 1er septembre 2026 marque donc une nouvelle étape dans le recentrage de MaPrimeRénov’.
Le parcours par geste est resserré autour d’un nombre plus limité de travaux, tandis que le Parcours accompagné renforce les exigences concernant la décarbonation des systèmes de chauffage et d’eau chaude sanitaire dans les maisons individuelles.
Dans le même temps, l’éco-PTZ conserve un périmètre permettant de financer certaines opérations qui sortent du champ de la prime.
À retenir :
- 1er septembre 2026 : entrée en vigueur principale des nouvelles règles ;
- MaPrimeRénov’ par geste : plusieurs forfaits sont supprimés ;
- Logements F et G : maintien du parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2027 en métropole, pour les gestes restant éligibles ;
- DPE : obligation repoussée au 1er janvier 2028 ;
- Rénovation d’ampleur : fin de la possibilité, pour les maisons individuelles, d’installer ou conserver certains systèmes utilisant des combustibles fossiles ;
- éco-PTZ : certains travaux sortis de MaPrimeRénov’ restent susceptibles d’être financés par ce prêt.
Textes de référence
- Décret n° 2026-822 du 25 août 2026 modifiant le décret n° 2020-26 relatif à la prime de transition énergétique.
- Arrêté du 25 août 2026 modifiant l’arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique.
- Arrêté du 25 août 2026 modifiant l’arrêté du 17 novembre 2020 relatif aux caractéristiques techniques des travaux éligibles à la prime et l’arrêté du 30 mars 2009 relatif à l’éco-PTZ.
