
Avec 783 décès reconnus après un accident du travail en 2025, le bilan dépasse celui de 2024. Les chiffres de l’Assurance maladie montrent une hausse continue depuis 2021, alors que la fréquence globale des accidents reste stable. Pour les petites entreprises, l’accueil des nouveaux salariés et la sécurité des tâches quotidiennes méritent une attention particulière.
Dix-neuf morts supplémentaires en un an. Dans son bilan publié le 13 octobre 2026, l’Assurance maladie recense 783 décès consécutifs à un accident du travail en 2025, contre 764 en 2024. Cela représente une hausse de 2,5 %. Ce nouveau sommet dans la série récente concerne les statistiques du régime général : il ne constitue pas un décompte de tous les travailleurs décédés en France.
138 décès de plus qu’en 2021
La comparaison sur cinq ans montre une augmentation chaque année : 645 décès en 2021, 738 en 2022, 759 en 2023, 764 en 2024 et 783 en 2025. Ces données figurent dans le tableau 6 du rapport annuel 2025 de l’Assurance maladie, page 15. Entre 2021 et 2025, la hausse atteint 138 décès, soit 21,4 % selon notre calcul.

Cette évolution porte sur un nombre de décès. Elle ne mesure pas, à elle seule, la variation du risque individuel : les effectifs salariés et les durées d’exposition doivent aussi être pris en compte. L’année 2021 reste par ailleurs marquée par les effets de la crise sanitaire sur l’activité.
1 331 décès en ajoutant les trajets et les maladies professionnelles
Aux accidents du travail s’ajoutent 344 décès après un accident de trajet et 204 au titre d’une maladie professionnelle. Le total atteint donc 1 331 décès reconnus en 2025, contre 1 297 en 2024. La hausse des décès sur les trajets, de 318 à 344, contribue fortement à cette progression, tandis que ceux liés aux maladies professionnelles diminuent, de 215 à 204.
Les décès classés en accident du travail ne correspondent pas tous à une chute, à une machine ou à un choc. Les malaises représentent plus de la moitié des cas, rappelle l’Assurance maladie. Cette précision aide à comprendre ce que recouvre le bilan.
Des accidents globalement stables, des conséquences toujours lourdes
Pour les accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente, le bilan atteint 551 225 cas en 2025, soit +0,3 %. L’indice de fréquence reste à 26,4 pour 1 000 salariés. En 2024, le nombre de ces accidents avait diminué de 1,1 %, sans empêcher une hausse des décès.
Les accidents de trajet augmentent de 1,7 % et les maladies professionnelles de 3,1 %. Ces dernières sont très majoritairement des troubles musculosquelettiques. La stabilité globale des accidents du travail ne suffit donc pas à décrire toutes les atteintes à la santé.
Les jeunes davantage exposés aux accidents
Les moins de 25 ans représentent 11 % des salariés du régime général, mais 16 % des accidents du travail et 23 % des accidents de trajet. Leur fréquence d’accidents du travail atteint 36,4 pour 1 000 salariés, contre 26,4 pour l’ensemble. Ces proportions concernent les accidents, pas uniquement les décès.
Dans un atelier, l’accueil d’un apprenti peut commencer par une démonstration des arrêts de machine et des opérations interdites sans surveillance. Dans un commerce, il peut porter sur les livraisons, les escabeaux et la manutention. Pour un salarié qui conduit, mieux vaut prévoir un temps de déplacement réaliste et expliquer comment signaler un retard sans prendre de risque.
Dans une TPE, partir des situations de travail
Une consigne générale ne permet pas toujours de savoir quoi faire devant une tâche inhabituelle. Qui peut arrêter une opération ? À qui signaler un équipement défectueux ? Comment travailler lorsqu’un collègue manque ? Ces questions peuvent être discutées avec les salariés, à partir de leurs journées réelles.
Un incident sans blessure mérite aussi d’être examiné : une charge qui tombe, une glissade évitée ou une protection retirée pour gagner du temps renseignent sur les corrections à faire. La prévention peut alors passer par un changement de rangement, d’équipement, d’horaire ou de répartition du travail.
Sur ce dernier point, lire aussi notre article sur le travail le soir et le week-end et les recommandations de l’Anses. Pour anticiper les conséquences d’une absence dans une petite équipe, consulter également notre analyse sur le poids des arrêts longs dans les TPE.
Des chiffres à lire dans leur périmètre
Ces statistiques portent sur le régime général et non sur l’ensemble des actifs. Elles ne couvrent notamment pas le régime agricole ni tous les indépendants et agents publics. Elles ne fournissent pas non plus, dans les chiffres nationaux cités ici, un bilan propre aux entreprises de moins de dix salariés. On ne peut donc pas attribuer aux seules TPE la hausse observée.
Sources : communiqué de l’Assurance maladie du 13 octobre 2026 ; rapport annuel AT/MP 2025 ; rapport annuel AT/MP 2024.
