1 intérimaire sur 4 ne souhaite pas retourner à un CDI en 2025

Le marché de l’intérim résiste malgré la baisse des offres pour les cadres, attirant de plus en plus de professionnels en quête de nouvelles compétences, flexibilité et diversité. En 2025, une part significative d’intérimaires ne souhaite pas revenir à un CDI, préférant ce mode de travail comme une alternative durable.

3–4 minutes

Alors que les offres d’emploi pour cadres ont reculé, le marché de l’intérim s’est maintenu avec une certaine résilience, malgré des signes de ralentissement. D’après une étude du cabinet Robert Walters publiée ce mardi 11 février, ce format de travail continue d’attirer une part importante de professionnels, souvent à la recherche de flexibilité ou de nouvelles perspectives…

Acquérir des compétences : une porte d’entrée vers l’intérim

La recherche de nouvelles compétences s’impose comme la première motivation des professionnels qui choisissent l’intérim, avec 44 % des interrogés mettant en avant cet objectif. La diversité des missions (32 %) et la flexibilité (31 %) viennent compléter le podium des raisons principales.

Pour certains, l’intérim représente bien plus qu’un simple passage professionnel : il devient un véritable mode de vie.

« Les candidats font souvent ce choix pour tester différents secteurs ou structures, afin de déterminer l’environnement qui leur convient sur le long terme », explique Stéphanie Richard, Directrice chez Robert Walters. « D’autres souhaitent une plus grande liberté dans leur organisation, notamment pour alterner travail, voyage ou formation. »

Ce besoin accru d’adaptabilité se fait particulièrement ressentir auprès des jeunes générations. Depuis la crise sanitaire, un mouvement vers un engagement moindre se dessine, avec une volonté affirmée de se libérer de certaines contraintes professionnelles.

Natalia Ozolina, intérimaire en tant qu’assistante de direction (témoin de l’étude), illustre ce choix : « Avant de s’engager dans une mission à long terme, l’intérim permet de cerner l’environnement de travail, d’expérimenter différentes approches managériales et, surtout, de mieux comprendre ce que l’on souhaite – ou non – dans sa carrière. »

25 % des intérimaires renoncent au CDI en 2025

L’intérim, souvent perçu comme une solution transitoire, tend aujourd’hui à devenir une véritable alternative à des postes plus traditionnels.

Selon l’enquête menée par Robert Walters, 41 % des répondants déclarent ne pas envisager d’autres types de contrats à court ou moyen terme.

Parmi eux, 25 % ne souhaitent pas revenir à un poste en CDI, et 16 % repoussent cette éventualité à un ou deux ans.

« Le contexte incertain de 2024, marqué par des instabilités politiques et économiques, a conduit les entreprises à privilégier des solutions flexibles comme l’intérim. Cela leur permet de répondre à leurs besoins sans prendre de risques à long terme », précise Stéphanie Richard.

En 2025, cette dynamique semble se confirmer. Les plans sociaux et les défaillances d’entreprises favorisent l’émergence d’offres de courte durée.

Pourtant, ce contexte tendu n’entame pas l’optimisme des intérimaires : 8 sur 10 se déclarent confiants quant aux opportunités dans leur secteur.

Mais cette flexibilité a aussi son revers : les processus de recrutement s’allongent. « Les entreprises veulent sécuriser leurs choix, précise Stéphanie Richard. Les entretiens se multiplient et demandent autant d’efforts que pour un CDI. Elles examinent aussi davantage les soft skills et recherchent un équilibre au niveau des salaires pour éviter des disparités au sein de leurs équipes. »

Des attentes en hausse : rémunération et reconnaissance

Si la rémunération a perdu de son poids dans les motivations des cadres, elle reste centrale pour les intérimaires.

En 2025, 32 % des professionnels en intérim envisagent de changer de poste pour un meilleur salaire, suivis par la progression de carrière et le développement de nouvelles compétences (18 % chacun).

« Le contrat en intérim peut se révéler plus avantageux, grâce à l’indemnité de fin de mission – ou prime de précarité – qui représente 10 % de la rémunération brute totale », explique Stéphanie Richard.

Cependant, certains inconvénients demeurent. Karima Talchi, intérimaire en tant qu’assistante administrative (témoin de l’étude), souligne : « Les paiements tardifs sont un vrai problème. Entre le versement des salaires et l’arrivée des bulletins de paie, il y a souvent un décalage qui peut poser des difficultés. »

Malgré ces obstacles, plus de la moitié des intérimaires interrogés s’attendent à bénéficier d’une augmentation salariale en 2025, preuve que ce format continue d’offrir une perspective attrayante pour nombre de professionnels.

Une méthode de travail adaptée aux incertitudes

L’étude menée par Robert Walters, basée sur les réponses de plus de 600 intérimaires et entreprises interrogés en septembre 2024, met en lumière un fait marquant : l’intérim n’est plus seulement une solution de transition, mais un véritable choix de carrière pour une part croissante de professionnels.

Ce modèle offre des opportunités d’évolution, notamment grâce à la diversité des missions et la richesse des expériences qu’il permet d’acquérir.

Toutefois, il reflète aussi les défis du marché du travail actuel, entre attentes renforcées des employeurs et besoins spécifiques des salariés.

Cet article vous a été utile ?

TPE Actu est un média indépendant qui vous aide au quotidien avec des informations fiables et pratiques pour les petites entreprises. Nos contenus restent accessibles gratuitement grâce au soutien de nos lecteurs.

♥ Soutenir TPE Actu

À partir de 5 € · Paiement sécurisé · Don ponctuel

▤
Des informations fiablesDes guides clairs et à jour
◎
Un média indépendantUne information libre et accessible
♡
Un soutien concretPour continuer à vous accompagner
Merci pour votre soutien !

Agenda Appel à candidature Apprentissage Arrêt maladie Artisanat Cour de cassation Cybersécurité Dares Entreprises du BTP Formation France Travail Gestion d'entreprise IA Influence politique Législation Micro entreprise Métiers d'art Numérique Organisations professionnelles Salaires Santé Santé mentale Sécurité en entreprise Tendances économiques Urssaf

En savoir plus sur TPE ACTU

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

Recevez directement nos articles dans votre boîte mail !

Poursuivre la lecture