
La fin de l’été marque aussi, pour des milliers de salariés, la fin d’un contrat saisonnier. Restauration, hôtellerie, tourisme, agriculture, loisirs… Une question revient alors : peut-on percevoir l’allocation chômage après quelques mois de travail seulement ? Depuis le 1er avril 2025, les règles sont plus favorables aux travailleurs saisonniers. En 2026, cinq mois de travail peuvent suffire pour ouvrir des droits à l’Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), sous réserve de remplir les autres conditions.
Lorsque l’allocation chômage ne suffit pas, un complément de RSA peut être possible sous conditions.
Cinq mois de travail peuvent suffire
Le régime général prévoit normalement une durée minimale d’affiliation de six mois, soit 130 jours travaillés ou 910 heures, au cours des 24 derniers mois. Cette période de référence est portée à 36 mois pour les demandeurs d’emploi âgés de 55 ans ou plus.
Les travailleurs saisonniers bénéficient toutefois d’une règle spécifique.
Lorsqu’une personne ne peut pas justifier des six mois d’activité requis, elle peut ouvrir des droits si elle justifie d’au moins 108 jours travaillés ou 758 heures, soit cinq mois de travail, et que les périodes prises en compte correspondent exclusivement à des emplois saisonniers.
Cette disposition s’applique notamment aux contrats à durée déterminée à caractère saisonnier, aux contrats temporaires à caractère saisonnier ainsi qu’aux contrats vendanges.
Pour un salarié qui a travaillé uniquement pendant la saison estivale, cette règle peut donc faire une différence importante.
Attention : cinq mois ne signifient pas automatiquement cinq mois d’indemnisation
Atteindre le seuil de 108 jours travaillés ou 758 heures permet de satisfaire la condition minimale d’affiliation dans le cadre du dispositif applicable aux saisonniers. Cela ne signifie pas que France Travail versera automatiquement cinq mois d’ARE.
La durée d’indemnisation est déterminée selon les règles de l’assurance chômage, à partir notamment des périodes d’emploi prises en compte. La réglementation prévoit toutefois une durée minimale de versement de 152 jours calendaires, soit environ cinq mois, lorsque le droit est ouvert grâce à cette condition d’affiliation dérogatoire.
Le montant de l’allocation dépend, lui, des rémunérations prises en compte dans le calcul du salaire de référence. Il ne correspond donc pas simplement au dernier salaire mensuel perçu pendant la saison.
La fin normale du contrat saisonnier permet-elle de demander le chômage ?
Oui. Le terme d’un CDD saisonnier constitue une perte involontaire d’emploi lorsqu’il arrive normalement à son terme. Le salarié doit néanmoins remplir les autres conditions prévues par l’assurance chômage.
L’inscription comme demandeur d’emploi auprès de France Travail fait partie des démarches nécessaires pour bénéficier de l’ARE. L’indemnisation ne commence pas immédiatement à la date de fin du contrat : un délai d’attente de sept jours s’applique en principe, auquel peuvent s’ajouter certains différés d’indemnisation, notamment en fonction des congés payés versés à la fin du contrat.
Le salarié doit donc anticiper son inscription et conserver les documents remis par son employeur.
Quels documents récupérer à la fin de la saison ?
À la fin du contrat, l’employeur doit notamment remettre au salarié :
- son certificat de travail ;
- son solde de tout compte ;
- son attestation destinée à France Travail.
L’attestation employeur permet notamment à France Travail de disposer des informations nécessaires à l’examen du dossier d’indemnisation.
Le salarié a donc intérêt à vérifier que la période travaillée et les rémunérations apparaissent correctement dans les documents transmis.
Et si la saison a duré moins de cinq mois ?
C’est là que la situation peut devenir plus complexe.
Le seuil spécifique applicable aux travailleurs saisonniers est fixé à 108 jours travaillés ou 758 heures. Une personne qui a travaillé moins longtemps peut néanmoins avoir des droits si elle dispose d’autres périodes d’activité entrant dans le calcul de l’assurance chômage.
La question doit donc être examinée sur l’ensemble de la période de référence et pas uniquement à partir du dernier contrat saisonnier.
Par exemple, un salarié ayant travaillé trois mois dans un restaurant pendant l’été et ayant occupé auparavant un autre emploi salarié peut, selon les périodes concernées et sa situation, atteindre la durée d’affiliation nécessaire.
Le statut saisonnier doit être correctement déclaré
La règle des cinq mois n’est pas un dispositif applicable à n’importe quel contrat court conclu pendant l’été.
Pour bénéficier de cette condition spécifique, les périodes doivent relever des emplois identifiés comme saisonniers par la réglementation. L’Unédic vise notamment le CDD saisonnier, le contrat temporaire à caractère saisonnier et le contrat vendanges.
La qualification du contrat est donc importante.
Un simple CDD conclu pendant les vacances d’été parce que l’entreprise connaît un surcroît temporaire d’activité n’est pas nécessairement un contrat saisonnier au sens du droit du travail et de l’assurance chômage.
Peut-on retravailler après la saison tout en percevant l’ARE ?
L’ouverture de droits au chômage n’interdit pas de reprendre rapidement une activité professionnelle.
Le règlement de l’assurance chômage permet, sous certaines conditions, de cumuler une rémunération issue d’une nouvelle activité avec une partie de l’ARE. Les revenus et l’allocation sont alors pris en compte selon les règles applicables au cumul entre emploi et chômage.
Cette possibilité peut être particulièrement intéressante pour les travailleurs qui enchaînent plusieurs périodes d’activité : saison d’été, contrats courts à l’automne, nouvelle saison hivernale ou missions ponctuelles.
Il faut toutefois déclarer chaque activité lors de l’actualisation mensuelle auprès de France Travail.
Une règle qui a changé depuis 2025
Le seuil de cinq mois n’est pas une mesure temporaire liée à l’été 2026.
La convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024 a prévu l’abaissement, à compter du 1er avril 2025, de la durée minimale de travail exigée pour les travailleurs saisonniers : elle est passée de six à cinq mois.
Le dispositif répond à une difficulté bien connue des salariés qui alternent les périodes d’emploi et d’inactivité selon les saisons. Sans cette règle spécifique, un salarié travaillant seulement quelques mois chaque année pouvait avoir plus de difficultés à réunir la durée d’activité nécessaire pour ouvrir ou recharger ses droits.
À retenir avant de quitter son emploi saisonnier
Pour un salarié qui termine sa saison estivale en 2026, plusieurs vérifications sont donc à faire :
108 jours ou 758 heures : c’est le seuil de travail permettant, pour un travailleur saisonnier remplissant les conditions prévues par le règlement, de bénéficier de la règle spécifique d’affiliation.
24 mois : c’est la période de référence habituelle pour les moins de 55 ans.
36 mois : cette période s’applique aux salariés âgés de 55 ans ou plus.
152 jours : c’est la durée minimale d’indemnisation prévue lorsque le droit est ouvert grâce à la condition d’affiliation dérogatoire de cinq mois.
Enfin, le versement de l’ARE reste soumis aux autres conditions prévues par l’assurance chômage et à l’inscription auprès de France Travail.
Une saison terminée ne signifie donc pas nécessairement une absence de revenus
Pour les salariés qui travaillent quelques mois chaque année dans l’hôtellerie-restauration, le tourisme, l’agriculture ou les activités liées aux vacances, la fin du contrat saisonnier peut ouvrir une période d’indemnisation.
Depuis avril 2025, le seuil spécifique de cinq mois rend l’accès à l’assurance chômage plus accessible aux personnes dont l’activité professionnelle suit le rythme des saisons. Mais la durée réellement travaillée, l’historique des emplois, l’âge du salarié et les rémunérations prises en compte peuvent modifier le résultat final.
Avant de considérer ses droits comme acquis, mieux vaut donc faire examiner sa situation par France Travail, notamment lorsque plusieurs contrats courts se sont succédé au cours des derniers mois.
Sources : Unédic, règlement général annexé à la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024 ; Unédic, règles spécifiques applicables aux travailleurs saisonniers ; Service-Public.fr, informations relatives à l’assurance chômage et aux fins de CDD.
| Point à vérifier | Côté employeur | Côté salarié |
|---|---|---|
| Nature du contrat | Le contrat doit correspondre à la réalité de l’activité saisonnière et respecter les règles applicables au CDD saisonnier. | Vérifier que le contrat mentionne correctement sa nature et sa durée. |
| Fin du contrat | À l’échéance prévue, remettre les documents de fin de contrat et effectuer les formalités nécessaires auprès de France Travail. | La fin normale du CDD saisonnier constitue une perte involontaire d’emploi permettant, sous conditions, de demander l’ARE. |
| Seuil spécifique saisonnier | L’employeur doit transmettre des informations exactes sur les périodes travaillées et les rémunérations. | 108 jours travaillés ou 758 heures peuvent suffire pour remplir la condition minimale d’affiliation applicable aux travailleurs saisonniers, lorsque les conditions réglementaires sont réunies. |
| Documents de fin de contrat | Remettre notamment le certificat de travail, le solde de tout compte et l’attestation employeur destinée à France Travail. | Conserver ces documents et vérifier les dates d’emploi ainsi que les rémunérations déclarées. |
| Inscription à France Travail | Transmettre les éléments nécessaires à l’examen du dossier. | S’inscrire comme demandeur d’emploi et effectuer les démarches nécessaires pour faire examiner ses droits. |
| Délai avant indemnisation | Aucune démarche particulière à effectuer sur ce délai. | Le versement de l’ARE n’intervient pas nécessairement dès le lendemain de la fin du contrat. Un délai d’attente et, selon la situation, des différés d’indemnisation peuvent s’appliquer. |
| Montant de l’ARE | Les rémunérations doivent être correctement déclarées dans l’attestation employeur. | Le montant de l’allocation dépend notamment des rémunérations et des périodes d’emploi retenues pour le calcul. |
| Reprise d’un emploi | Une nouvelle embauche peut intervenir après la saison, selon les besoins de l’entreprise. | Une reprise d’activité peut, sous conditions, permettre de cumuler une rémunération avec une partie de l’ARE. L’activité doit être déclarée lors de l’actualisation. |
Source : Unédic, règles spécifiques d’indemnisation des travailleurs saisonniers ; réglementation de l’assurance chômage.
